En juillet, les précipitations ont été particulièrement faibles sur l’ensemble de la Normandie, plusieurs pluviomètres de référence relevant notamment des cumuls mensuels historiquement bas. Ce déficit pluviométrique généralisé s’avère particulièrement marqué dans le nord-est de la région, notamment en Seine-Maritime et dans l’Eure. Les pluies efficaces sont restées négatives sur l’ensemble du territoire, avec des écarts aux normales toutefois moins prononcés sur la moitié ouest de la région. Dans la continuité d’un mois de juin déjà déficitaire et marqué par de fortes chaleurs, ces conditions ont accentué l’assèchement des sols, qui présentent, en fin de mois, un très fort déficit hydrique sur la Normandie.
Sur les cours d’eau normands, la forte baisse des débits observée le mois précédent s’est poursuivie en ce mois de juillet. Qu’il s’agisse des débits de base ou des débits moyens mensuels, les valeurs sont partout très basses, à l’exception d’une partie du Pays de Caux. Sur le plan statistique, des débits d’une rareté remarquable sont observés sur de nombreuses stations, se situant largement en deçà de la décennale ou de la vicennale sèche. En outre, sur un grand nombre d’entre elles (notamment sur le massif armoricain), les valeurs enregistrées ce mois-ci sont les plus faibles jamais mesurées, y compris pour des stations disposant de chroniques de plus de 40 ans de suivi.
La Normandie est une région à l’interface entre les formations anciennes du massif armoricain sur son tiers ouest, dites du socle, et les formations sédimentaires plus récentes du bassin parisien sur les deux tiers est. Ces deux entités géologiques s’opposent par leurs caractéristiques physiques en lien avec leur âge et leur origine. Cette diversité géologique, additionnée d’un gradient climatique ouest-est et sud-nord se traduit naturellement par une diversité de comportements hydrologiques sur le territoire. La carte ci-dessous présente le territoire couvert par les unités d’hydrométrie de la DREAL Normandie, ainsi que les 4 zones utilisées pour commenter chaque mois la situation hydrologique dans différents secteurs normands. Ce zonage (massif armoricain, bassin parisien sud-Seine, bassin parisien nord-Seine, pays de Bray) a été construit de sorte à proposer une synthèse de la situation hydrologique représentative d’un ensemble de bassins versants dont le fonctionnement hydrologique est généralement assez homogène.
Carte lithologique au 1/1000000 ème et répartition des quatre grands ensembles hydrologiques. Survoler un des ensembles pour obtenir des informations sur son fonctionnement.
Les cartes ci-dessous sont produites par la DREAL à partir des données de la chaîne de modélisation SIM de Météo-France. Elles peuvent donc présenter de légères différences avec une analyse issue d’une autre donnée d’entrée produite par Météo-France.
Pour le mois de juillet, les pluies cumulées s’étendent entre 2 et 25 mm avec une moyenne de 10 mm. A l’échelle de la région, cela correspond en moyenne à des écarts aux normales de -49 mm soit -83 %.
Les cartes ci-dessous mettent en évidence une situation de déficit puviométrique marqué, caractérisée par un fort gradient est-ouest. Ainsi le mois de juillet se caractérise par une absence quasi totale de précipitations sur le nord-est de la région, touchant particulièrement la Seine-Maritime mais également l’Eure et le nord du Calvados. Sur le reste de la région (sud Calvados, Orne et Manche), les pluies restent globalement très faibles et seule une zone très localisée dans le centre Manche a bénéficié de passages pluvieux un peu plus significatifs. En conséquence, le déficit pluviométrique est généralisé à l’ensemble du territoire normand. Il s’avère particulièrement marqué sur toute la Seine-Maritime, le pays d’Auge et plus localement dans le sud Manche.
Ce mois de juillet aura également été marqué par plusieurs records historiques sur des pluviomètres de référence. Avec seulement 3,2 mm, Caen-Carpiquet enregistre ainsi son plus faible cumul mensuel de pluies pour un mois de juillet depuis le début des enregistrements en 1945. Des records similaires sont également enregistrés à Alençon, avec 1,8 mm (depuis 1945), au Havre – Cap de la Hève, avec 1,6 mm (depuis 1950), à Dieppe, avec 1,8 mm (depuis 1950), à Rouen, avec 4,2 mm (depuis 1968), et à Évreux, avec 6,8 mm (depuis 1968). À Dieppe, ce cumul est par ailleurs équivalent à celui enregistré en juillet 2022.
Les pluies efficaces, quant à elles, s’échelonnent entre -41 et -9 mm avec une moyenne de -24 mm. A l’échelle de la région, cela correspond en moyenne à des écarts aux normales de -9 mm.
Sous l’effet des températures élevées et d’une évapotranspiration soutenue, les précipitations efficaces sont négatives sur l’ensemble de la région. Toutefois, les écarts aux normales révèlent un net gradient ouest-est : le centre-Manche enregistre des valeurs légèrement supérieures aux normales saisonnières, tandis que le déficit s’accentue progressivement vers l’est, pour atteindre ses valeurs les plus marquées en Seine-Maritime et dans l’Eure.
Données de précipitations issues du modèle SIM de Meteo-France. Les cartes de gauche correspondent aux cumul estimés, alors que les cartes de droites correspondent à l’écart absolu (en mm) aux normales 1991-2020 sur la même période.
Sur les 12 derniers mois, les pluies cumulées s’étendent entre 483 et 1035 mm avec une moyenne de 701 mm. Cela correspond en moyenne régionale à des écarts aux normales de -158 mm soit -18 %.
La pluviométrie mensuelle fortement déficitaire, conjuguée à la sortie de la période de référence glissante du mois de juillet 2025 qui avait été excédentaire en pluie, se traduit par une baisse des cumuls de précipitations sur les douze derniers mois. Les deux derniers secteurs encore excédentaires en juin (le centre du département de la Manche et une partie de l’amont du bassin versant de l’Eure) basculent ainsi à l’issue de ce mois dans une situation légèrement déficitaire. Fin juillet, l’ensemble de la Normandie enregistre désormais des cumuls de précipitations sur 12 mois inférieurs aux normales, avec des déficits qui s’avèrent particulièrement prononcés sur une large parti de la Seine-Maritime.
Les pluies efficaces, quant à elles, s’échelonnent entre 77 et 444 mm avec une moyenne de 222 mm. Cela correspond en moyenne régionale à des écarts aux normales de -90 mm.
La situation est similaire pour les pluies efficaces, dont les cumuls sur les douze derniers mois poursuivent leur baisse. Fin juillet, les excédents ont disparu à l’échelle de la Normandie. L’ensemble de la région présente désormais des cumuls de pluies efficaces déficitaires par rapport aux normales, avec des écarts généralement compris entre 0 et -200 mm. Des déficits plus marqués sont observés localement, dans le centre de la Seine-Maritime et dans le pays de Bray.
Données de précipitations issues du modèle SIM de Meteo-France. Les cartes de gauche correspondent aux cumul estimés, alors que les cartes de droites correspondent à l’écart absolu (en mm) aux normales 1991-2020 sur la même période.
Les graphiques ci-dessous mettent en évidence le fort déficit pluviométrique enregistré en juillet 2026, en net contraste avec les excédents de juillet 2025. Ils illustrent d’une part l’ampleur du déficit pluviométrique de ce mois sur les quatre grands ensembles hydrologiques de la région, mais également la prédominance des mois déficitaires en pluie au cours des deux dernières années.
Les très faibles cumuls enregistrés au cours de ce mois de juillet ont nettement infléchi la courbe d’écart aux normales des précipitations sur 12 mois, déjà durablement installée sous les normales. Ces évolutions confirment la persistance du déficit pluviométrique régional et témoignent d’une dégradation progressive de la situation sur l’année écoulée.
A la fin du mois, l’écart aux normales des précipitations annuelles (courbe verte) par ensemble hydrologique se distingue comme suit:
Anomalie de précipitation (en %) mensuelle et annuelle pour chaque secteur hydrologique. L’anomalie mensuelle est représentée sous forme de barres représentant le déficit (rouge) ou l’excédent (bleu) de pluie. L’écart absolu est également indiqué en survolant la barre. L’anomalie annuelle est représentée par la courbe continue verte, elle est calculée sur 12 mois glissants : la valeur pour un mois donné est calculée à partir des barres des 12 mois précédents.
En moyenne mensuelle, pour ce mois de juillet, l’indice d’humidité des sols est compris entre 0.06 et 0.26 avec une moyenne de 0.14. Les écarts aux normales s’étendent entre -82% et -38% pour une moyenne de -62%.
Amorcé dès le printemps, l’assèchement des sols normands s’est nettement accentué en juin et juillet, sous l’effet conjugué du déficit pluviométrique et de très fortes chaleurs. À la fin de juillet, la Normandie présente une situation de sécheresse très marquée, avec des écarts aux normales saisonnières comprises entre -50 % et -75 % sur la majeure partie du territoire. Les secteurs les plus déficitaires se situent dans le centre de la Manche, l’ouest du Bessin, ainsi que le long d’un axe s’étendant de l’embouchure de la Dives, au nord, jusqu’au Perche, dans le sud de la région. Les indices d’humidité des sols y sont particulièrement faibles (compris entre 0 et 0,1) traduisant un état des sols extrêmement sec.
Répartition de l’indice d’humidité des sols «SWI» (de l’anglais Soil Wetness Index). Il représente, sur une profondeur d’environ deux mètres, l’état de la réserve en eau du sol par rapport à la réserve utile (eau disponible pour l’alimentation des plantes). Si le SWI est égal à 0, le sol est très sec et les végétaux ne peuvent plus en tirer d’eau, tandis que si le SWI est égale à un le sol à atteint sa réserve utile. Le SWI peut être inférieur à 0 (stress hydrique) ou supérieur à 1 (dépasse la réserve utile).
Le débit de base des cours d’eau, est représenté par la variable Q3Jn mensuel. Par rapport au mois précédent, les débits de base évoluent en moyenne de:
-43% [-100%; -11%] pour le Massif armoricain avec une période de retour moyenne de 16 ans sec contre 10 ans sec le mois précédent;
-18% [-100%; -2%] pour le Bassin parisien sud-Seine avec une période de retour moyenne de 5 ans sec contre 5 ans sec le mois précédent;
-10% [-22%; 2%] pour le Bassin parisien nord-Seine avec une période de retour moyenne de 3 ans sec contre 3 ans sec le mois précédent;
-20% [-33%; 0%] pour le Pays de Bray avec une période de retour moyenne de 11 ans sec contre 11 ans sec le mois précédent.
Avec ce mois de juillet particulièrement chaud et sec, les débits de base sont très souvent atteints en fin de mois, caractéristique d’une absence de pluies significatives sur la quasi-totalité des cours d’eau. L’ensemble des secteurs hydrographiques affichent une baisse nette des valeurs de débit, même si celle-ci reste, comme à l’accoutumée, plus marquée sur le massif armoricain. Les baisses de débits les plus importantes par rapport au mois de juin, classées par secteur, sont observées sur :
l’Yères à Touffreville (-22 %) pour le bassin parisien au nord de la Seine ;
la Seulles à Tierceville (-41 %) et la Sarthe à Saint-Céneri-le-Gérei (-33 %) pour le secteur sud-Seine ;
la Mayenne à Madré (-74 %) et l’Odon à Épinay-sur-Odon (-73 %) pour le secteur du massif armoricain ;
l’Epte à Gournay (-33 %) pour le pays de Bray.
On notera d’ailleurs qu’au moins quatre cours d’eau suivis ont connu des ruptures d’écoulement : l’Avre amont à Saint-Christophe, la Risle médiane à Barquet, la Druance à Périgny et la Souleuvre à Carville. Sur ce mois, plusieurs stations ont affiché les débits de base les plus faibles jamais observés pour un mois de juillet depuis leur création, et ce sur tous les secteurs hydrogéographiques à l’exception du bassin parisien du nord de la Seine. Parmi les plus marquants, on retiendra :
pour le bassin parisien du sud de la Seine : l’Iton à Bourth (25 années d’observation) et la Charentonne à La Trinité-de-Réville (23 années d’observation) ;
pour le pays de Bray : l’Epte à Saumont-la-Poterie (20 années d’observation) ;
pour le massif armoricain : la Seulles à Juvigny-sur-Seulles (42 années d’observation) et la Vire à Saint-Lô (48 années d’observation).
D’un point de vue statistique, l’écart par rapport aux normales continue de se creuser fortement. Sur les 80 stations suivies ce mois-ci pour la rédaction de ce bulletin, seules huit d’entre elles affichent des valeurs de débit de base conformes aux normales de saison (voire même légèrement supérieures pour l’Avre à Acon). Toutefois, pour cette dernière ainsi que pour Muzy, les débits relativement soutenus s’expliquent notamment par une forte diminution des prélèvements AEP depuis avril. Toutes les autres stations enregistrent des débits bien inférieurs aux normales, parfois associés à une occurrence d’observation très rare. Pour 40 de ces stations (soit 50 % du total), les débits de base observés en juillet ne se produisent en moyenne qu’une fois tous les 10 ans au minimum. Les valeurs les plus rares, au-delà de la vingtenale ou de la cinquantennale sèche, sont observées notamment sur la Seulles à Juvigny-sur-Seulles, le Petit Douet à Héauville, la Vire à Saint-Lô, l’Odon à Épinay-sur-Odon, la Soulles à Coutances, la Cance à Tanques, le Trottebec à La Glacerie, le Noireau à Cahan, la Vire à Coulonces, la Rouvre à Ségrie-Fontaine et l’Epte à Gournay.
Qualification statistique saisonnière du débit de base. Chaque point correspond à un site hydrométrique. Il est coloré en fonction de la rareté de la variable Q3Jn du mois en cours relativement aux statistiques de ce mois de l’année. Le survol avec la souris d’un site sur la carte à gauche permet de visualiser son nom et de repérer ce même site sur le graphique à droite, et inversement. Dans le graphique de droite, les sites sont regroupés au sein des 4 grands ensembles hydrogéologiques . Les sites de la Seulles à Tierceville, l’Orne à La Courbe, à Grimbosq, à Thury-Harcourt, la Laize à Fresney-le-Puceux, la Béthune à Saint-Aubin-le-Cauf, l’Epte à Fourges et l’Andelle à Vascoeuil présentent la particularité d’avoir leur bassin versant à cheval sur deux ensembles hydrologiques : ils ont été positionnés au sein d’un de ces deux ensembles, mais peuvent, de fait, présenter une situation hydrologique hydride. Enfin, certains sites identifiés comme focus (anneau noir) font l’objet de commentaires détaillés dans la section suivante.
Le débit moyen mensuel QmM est une variable qui intègre l’ensemble des écoulements mesurés sur le mois. Il est donc au moins supérieur ou égal au Q3Jn et sera d’autant plus élevé qu’il a beaucoup plu sur le mois considéré. Par rapport au mois précédent, les débits moyens mensuels évoluent en moyenne de:
-53% [-95%; -19%] pour le Massif armoricain avec une période de retour moyenne de 18 ans sec contre 7 ans sec le mois précédent;
-26% [-100%; -4%] pour le Bassin parisien sud-Seine avec une période de retour moyenne de 7 ans sec contre 5 ans sec le mois précédent;
-12% [-24%; 0%] pour le Bassin parisien nord-Seine avec une période de retour moyenne de 4 ans sec contre 3 ans sec le mois précédent;
-36% [-48%; -26%] pour le Pays de Bray avec une période de retour moyenne de 17 ans sec contre 10 ans sec le mois précédent.
Le mois de juillet ayant été quasiment sec, la tendance et l’évolution des débits moyens mensuels suivent celles des débits de base commentés précédemment. Les débits moyens mensuels sont donc en baisse sur l’intégralité des stations. On retiendra parmi les baisses les plus importantes : l’Odon à Épinay-sur-Odon, qui voit son débit moyen mensuel diminuer de plus de 80 % par rapport au mois de juin pour le massif armoricain ; la Sarthe à Saint-Céneri-le-Gérei et l’Epte à Gournay-en-Bray, qui voient leur débit amputé de moitié pour le bassin parisien du sud de la Seine et le pays de Bray. Au nord de la Seine, sur le bassin parisien, les baisses sont marquées mais plus modérées.
Concernant la situation statistique, le constat est similaire, avec une forte dégradation des valeurs statistiques sur le massif armoricain et le pays de Bray. Sur ce dernier, les quatre stations affichent des valeurs de débits mensuels proches ou inférieures à celles de la décennale sèche. La situation la plus sévère se situe sur la station de Gournay-en-Bray, où la vicennale sèche est largement dépassée. Sur le massif armoricain, sur les 34 stations suivies, 30 enregistrent des débits proches ou inférieurs à la décennale sèche. Les débits les plus rares sont enregistrés sur la Seulles à Juvigny-sur-Seulles, la Vire à Saint-Lô et la Divette à Octeville, où les valeurs de débits en vicennale sèche sont largement dépassées.
Sur le bassin parisien, on observe également une dégradation, mais celle-ci reste plus mesurée. On notera quand même que sur le nord de la Seine, la Seine-Maritime, la Bresle et l’Yères enregistrent des débits proches de la décennale sèche. Sur le sud du bassin parisien, c’est sur l’Eure à Saint-Luperce, la Charentonne à la Trinité-de-Réville et la Sarthe à Saint-Céneri-le-Gérei où les valeurs de débit les plus rares sont observées (vicennale sèche dépassée).
Enfin, comme pour les valeurs de débits de base, de nombreuses stations affichent des valeurs de débits moyens mensuels record pour un mois de juillet, et parfois même sur des chroniques de données relativement longues. C’est le cas pour plus d’un quart des stations suivies pour ce bulletin (23/80). Parmi les plus marquantes, on notera :
Qualification statistique saisonnière du débit moyen mensuel. Chaque point correspond à un site hydrométrique. Il est coloré en fonction de la rareté de la variable QMM du mois en cours relativement aux statistiques de ce mois de l’année. Le survol avec la souris d’un site sur la carte à gauche permet de visualiser son nom et de repérer ce même site sur le graphique à droite, et inversement. Dans le graphique de droite, les sites sont regroupés au sein des 4 grands ensembles hydrogéologiques . Les sites de la Seulles à Tierceville, l’Orne à La Courbe, à Grimbosq, à Thury-Harcourt, la Laize à Fresney-le-Puceux, la Béthune à Saint-Aubin-le-Cauf, l’Epte à Fourges et l’Andelle à Vascoeuil présentent la particularité d’avoir leur bassin versant à cheval sur deux ensembles hydrologiques : ils ont été positionnés au sein d’un de ces deux ensembles, mais peuvent, de fait, présenter une situation hydrologique hydride. Enfin, certains sites identifiés comme focus (anneau noir) font l’objet de commentaires détaillés dans la section suivante.
On visualise bien sur le diagramme pluri-annuel ci-dessous:
l’étiage 2023 qui aura été marqué sur les cours d’eau du bassin parisien au sud de la Seine, du bassin de l’Eure jusqu’au bassin de la Dives, en passant par l’amont des bassins de l’Huisne et de la Sarthe. Les cours d’eau du Pays de Caux au nord de la Seine, du Pays de Bray et du massif armoricain ont globalement mieux résisté à cet étiage 2023 ;
sur tous les cours d’eau normands, la rupture très marquée qui est survenue en novembre 2023, faisant basculer les débits des cours d’eau dans une situation plus humide que les normales. Sur une longue période d’un an et demi environ s’étendant jusqu’au printemps 2025, les débits des cours d’eau se sont maintenus le plus souvent au-dessus des normales saisonnières de façon quasi continue, avec deux hivers successifs particulièrement humides, un printemps 2024 arrosé ponctué de crues tardives et localement fortes et enfin un étiage 2024 très peu marqué entre les deux ;
à compter de la fin de l’hiver 2024-2025, un glissement progressif en 2025 vers une situation proche des normales sur le Pays de Bray et les autres cours d’eau du bassin parisien et à nouveau nettement sèche sur les cours d’eau du massif armoricain qui ont connu un étiage 2025 marqué sans être exceptionnel (moins marqué qu’en 2022) ;
l’année 2026 qui a débuté sur une situation contrastée. Après une aggravation de la situation hydrologique en janvier en l’absence de précipitations hivernales significatives, notamment sur le massif armoricain et le bassin parisien au sud de la Seine, le mois de février a marqué un net retournement de situation qui a permis à la majorité des cours d’eau de la région de basculer à nouveau dans une situation humide ou proche des normales, en particulier sur le massif armoricain, le pays de Bray et le bassin parisien sud-Seine;
cette période d’excédents n’aura finalement été que de courte durée puisque les mois d’avril, de mai puis de juin marquent un retour net sur ces trois secteurs à une situation sèche, voire très sèche sur les cours d’eau du massif armoricain à partir de juin.
Evolution mensuelle de la qualification statistique du débit de base (Q3Jn). Ce diagramme permet de visualiser pour l’ensemble des sites utilisés dans ce bulletin, mois par mois depuis 3 ans, la rareté du débit de base pour le mois considéré. Chaque site est représenté par une ligne à l’intérieur de laquelle chaque case correspond à un mois. La couleur de la case représente la période de retour du Q3Jn de ce site pour ce mois. Le nom du site et la date d’observation du Q3Jn de chaque mois est accessible en survolant le graphique, case par case. Analysé site par site, par grand ensemble hydrogéologique ou à l’échelle complète de la Normandie, ce diagramme donne à voir les grandes tendances hydrologiques sur une profondeur de 3 ans.
Les hydrogrammes présentés ci-après illustrent de façon plus détaillée la situation hydrologique de quelques cours d’eau dont les comportements sont jugés soit représentatifs ce mois-ci des 4 grands ensembles hydrologiques de la région soit, au contraire, présentent un caractère singulier utile à commenter. Les stations identifiées en focus dans les cartes précédentes sont utilisées à cette fin. Les graphiques couvrent une période de 3 ans environ, permettant ainsi de suivre l’évolution des débits journaliers des derniers mois et de comparer d’une année à l’autre la situation pour une même saison.
Nous invitons le lecteur pour un suivi fin et sur de plus longues périodes, à se référer à la plateforme de suivi de la situation hydrologique normande, ou encore directement sur l’HydroPortail.
Sur l’Epte à Gournay-en-Bray dans le Pays de Bray, les débits continuent leur dynamique à la baisse et s’éloignent nettement de la médiane. Comparée aux deux années précédentes, on observe une période de hautes eaux beaucoup plus restreinte (de janvier à mi-mars). Sur le reste de l’année 2026, le printemps et le début d’été, secs et chauds, engendrent une baisse importante des valeurs de débit avec une situation “sèche” depuis avril. Pour ce mois de juillet, les débits de base et les débits moyens mensuels sont les deuxièmes plus faibles jamais observés pour un mois de juillet sur cette station, sur une chronique de 56 années de suivi.
Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.
Comme le mois dernier, c’est au nord de la Seine que l’on observe les situations hydrologiques les moins sèches de la région. Pour autant, les cours d’eau de ce secteur présentent des dynamiques distinctes.
C’est sur les deux cours d’eau situés le plus au nord de la Seine-Maritime (représentés ici par la Bresle à Ponts-et-Marais) que l’on retrouve les stations les plus affectées par la sécheresse en cours. Sur l’hydrogramme ci-dessous, on distingue très nettement la très faible recharge hivernale 2025-2026 et des débits en baisse continue depuis mars 2026. Les débits sont sous la médiane depuis août 2025. Sur ce mois de juillet, les débits journaliers s’écartent inexorablement de la médiane et atteignent des valeurs proches de la décennale sèche. Il en est de même pour l’Yères à Touffreville-sur-Eu.
Sur le Pays de Caux, zone la plus inertielle de la région, les débits évoluent moins vite et moins fortement que sur le reste du territoire. C’est le seul secteur où plusieurs cours d’eau arrivent encore à maintenir des débits avec une étonnante stabilité. C’est le cas notamment de la Ganzeville à Ganzeville (cf. hydrogramme ci-dessous), de l’Austreberthe à Saint-Paër, de la Durdent à Vittefleur ou encore de la Saâne à Val-de-Saâne. Les débits de ces cours d’eau restent souvent proches ou légèrement inférieurs aux normales de saison. Cependant le tarissement y est maintenant bien engagé depuis juin.
Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.
Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.
Comme le mois dernier, les rivières de ce secteur affichent toutes des débits en baisse. Toutefois, on peut noter quelques nuances en termes de rapport aux normales saisonnières.
Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.
Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.
Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.
Sur ce secteur, le plus sensible aux phénomènes de sécheresse intense, tous les cours d’eau sans exception sont en baisse par rapport au mois de juin. Celle-ci sont marquées et les débits enregistrés sont faibles et largement inférieurs aux normales de saison.
On notera toutefois qu’une petite zone située au sud-ouest de ce secteur résiste un peu mieux que le reste du territoire. C’est notamment le cas de la Braize à Lolif (présentée ci-dessous) ainsi que du Thar à Jullouville, les affluents aval de la Sée, la Sélune aval ou encore le Beuvron. Sur ces cours d’eau, les occurrences des débits restent relativement peu élevées comparées à celles observées sur les autres cours d’eau du massif armoricain. Cela s’explique certainement, d’une part, par des précipitations importantes enregistrées en février 2026 et, d’autre part, par une géologie plus favorable au stockage et à la restitution des eaux de pluie.
Sur le reste de la région, les valeurs de débits sont très faibles pour la saison et atteignent des fréquences de retour au moins décennale, voire même au-delà de la vicennale sèche comme ici sur la Vire à Saint-Lô ou encore l’Odon à Épinay-sur-Odon. Sur ces deux hydrogrammes, la baisse des débits est marquée depuis le mois de février et les fréquences de retour saisonnières affichées sont de plus en plus rares.
Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.
Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.
Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.
Année hydrologique : période continue de douze mois choisie de façon à minimiser les reports hydrologiques d’une année sur l’autre. Elle débute à une date de l’année où les réserves sont au plus bas et est donc choisie en fonction des conditions climatiques de chaque région. En Normandie, celle-ci débute par convention au 1er septembre.
Évapotranspiration : quantité d’eau évaporée (à la surface du sol et des étendues d’eau) et transpirée par les plantes. Elle peut être potentielle (quantité d’eau potentiellement mis en jeu) ou réelle (quantité d’eau effectivement évapotranspirée).
Pluies efficaces : les pluies (ou précipitations) efficaces sont égales à la différence entre les précipitations totales et l’évapotranspiration réelle. Ces précipitations sont soit stockées, soit infiltrées (recharge des nappes) soit ruisselées.
Niveau piézométrique (ou par raccourci piézométrie): altitude ou profondeur (par rapport au sol) de la surface de la nappe souterraine.
Recharge des nappes: période/phénomène d’augmentation des niveaux des eaux souterraines. On parle régulièrement de recharge hivernale.
Vidange des nappes: période/phénomène de baisse des niveaux des eaux souterraines. On parle régulièrement de vidange estivale.
Débit de base / VCN3 / Q3Jn : il s’agit du débit du cours d’eau en l’absence de ruissellement consécutif à de récentes précipitations. La grandeur choisie pour le quantifier est le VCN3, débit moyen minimal calculé sur trois jours consécutifs pour une période donnée (mensuelle pour ce bulletin)
Hydraulicité : rapport du débit moyen sur une période donnée (mensuelle ou annuelle) à sa moyenne interannuelle sur cette même période. Elle permet de positionner simplement le débit d’une année ou d’un mois donné par rapport à l’année normale ou au mois normal.
Médiane : pour un échantillon de valeurs ordonnées, la médiane correspond à la valeur qui se trouve au point milieu de cette liste, permettant de couper l’ensemble des valeurs en deux parties égales (50%) en nombre de valeurs. Elle diffère de la moyenne de ces valeurs.
Fréquence ou Période de retour : la fréquence (au dépassement) d’un événement est la probabilité que cet événement soit atteint ou dépassé chaque année. La période de retour (ou récurrence) est l’inverse de la fréquence. Exemple : une crue décennale a, chaque année, une chance sur dix d’être atteinte ou dépassée
Débit mensuel quinquennal humide (resp. sec) : pour un mois considéré, c’est le débit mensuel qui a une probabilité de 1/5 (resp. 4/5) d’être dépassé chaque année. Il permet de caractériser un mois calendaire de forte hydraulicité.
Débit de base quinquennal humide (resp. sec) : c’est le débit de base (Q3Jn) qui a une probabilité de 1/5 (resp. 4/5) d’être dépassé chaque année.
Tarissement d’une rivière: phénomène de décroissance régulière du débit en l’absence de précipitations et d’intervention humaine
Étiage : période de l’année hydrologique où le débit d’un cours d’eau est bas. Il s’établit par le tarissement progressif du cours d’eau peu ou pas entrecoupé de précipitations.