Résumé du mois

Ce mois de mai aura été marqué par un fort contraste entre le début du mois très pluvieux et la fin de mois particulièrement chaude et sèche. Les précipitations ont été globalement excédentaires, mais très inégalement réparties à l’échelle du territoire. Ces pluies ont permis de maintenir un bilan hydrique positif ou proche des normales sur la majeure partie de la région, mais les sols continuent de d’assècher sous l’effet de la hausse des températures, en particulier sur les secteurs moins arrosés du nord de la région.

Ce contraste pluviométrique engendre des situations différentes selon que l’on observe les débits moyens mensuels ou bien les débits de base. En effet, les précipitations importantes du début du mois permettent à de nombreux cours d’eau de la région d’afficher des débits moyens mensuels corrects pour la saison. Toutefois, la deuxième moitié du mois, beaucoup plus sèche et chaude, a souvent pour conséquence des baisses importantes et des débits de base parfois très éloignés des standards de saison. Globalement, à l’exception des cours d’eau du Vexin et du Pays de Caux, la région affiche en mai un déficit marqué des valeurs de débit de base et sauf précipitations très importantes au cours des prochains mois, l’étiage à venir devrait être relativement marqué.

Une aide à la lecture de l’hydrologie normande

La Normandie est une région à l’interface entre les formations anciennes du massif armoricain sur son tiers ouest, dites du socle, et les formations sédimentaires plus récentes du bassin parisien sur les deux tiers est. Ces deux entités géologiques s’opposent par leurs caractéristiques physiques en lien avec leur âge et leur origine. Cette diversité géologique, additionnée d’un gradient climatique ouest-est et sud-nord se traduit naturellement par une diversité de comportements hydrologiques sur le territoire. La carte ci-dessous présente le territoire couvert par les unités d’hydrométrie de la DREAL Normandie, ainsi que les 4 zones utilisées pour commenter chaque mois la situation hydrologique dans différents secteurs normands. Ce zonage (massif armoricain, bassin parisien sud-Seine, bassin parisien nord-Seine, pays de Bray) a été construit de sorte à proposer une synthèse de la situation hydrologique représentative d’un ensemble de bassins versants dont le fonctionnement hydrologique est généralement assez homogène.

Carte lithologique au 1/1000000 ème et répartition des quatre grands ensembles hydrologiques. Survoler un des ensembles pour obtenir des informations sur son fonctionnement.

Précipitations, pluies efficaces, humidité des sols et écart aux normales

Les cartes ci-dessous sont produites par la DREAL à partir des données de la chaîne de modélisation SIM de Météo-France. Elles peuvent donc présenter de légères différences avec une analyse issue d’une autre donnée d’entrée produite par Météo-France.

Sur 1 mois

Pour le mois de mai, les pluies cumulées s’étendent entre 34 et 148 mm avec une moyenne de 79 mm. A l’échelle de la région, cela correspond en moyenne à des écarts aux normales de 14 mm soit 21 %.

Le contraste a été marqué entre les conditions très humides du début du mois et celles particulièrement chaudes et sèches de la dernière semaine. Si le bilan pluviométrique mensuel demeure excédentaire, les précipitations ont été très inégalement réparties sur le territoire. Dans le sud de la Manche, l’Orne et le sud de l’Eure, les pluies des deux premières décades ont ainsi été nettement plus abondantes qu’ailleurs dans la région. Plusieurs cumuls journaliers d’importances ont été relevés au cours de ce mois, notamment à Alençon (26,3 mm le 6 mai), Caen (26,7 mm le 10 mai) et Fécamp (24,8 mm le 3 mai).

Après deux mois de déficit pluviométrique généralisé ce mois de mai marque un retour à des valeurs positives (de +10 à +75%) sur une large moitié sud de la région et des valeurs de saison sur le reste du territoire, excepté sur le Cotentin, déficitaire en mai.

Les pluies efficaces, quant à elles, s’échelonnent entre -46 et 53 mm avec une moyenne de -6 mm. A l’échelle de la région, cela correspond en moyenne à des écarts aux normales de 9 mm.

Malgré des températures élevées en fin de mois et la forte reprise saisonnière de la végétation, le bilan hydrique reste positif dans une large moitié sud de la région et proche des normales à négatif sur le reste du territoire.

*Données de précipitations issues du modèle SIM de Meteo-France. Les cartes de gauche correspondent aux cumul estimés, alors que les cartes de droites correspondent à l'écart absolu (en mm)  aux normales 1991-2020 sur la même période.*

Données de précipitations issues du modèle SIM de Meteo-France. Les cartes de gauche correspondent aux cumul estimés, alors que les cartes de droites correspondent à l’écart absolu (en mm) aux normales 1991-2020 sur la même période.

Sur 12 mois

Sur les 12 derniers mois, les pluies cumulées s’étendent entre 535 et 1171 mm avec une moyenne de 800 mm. Cela correspond en moyenne régionale à des écarts aux normales de -59 mm soit -7 %.

La situation globale s’améliore sensiblement. Le déficit pluviométrique encore marqué le mois dernier sur le centre et le nord-est de la région se résorbe sous l’effet d’une pluviométrie mensuelle excédentaire et de l’effacement du mois de mai 2025 (qui avait été fortement déficitaire) dans le calcul des 12 derniers mois. La pluviométrie sur l’année écoulée reste cependant majoritairement déficitaire sur la région.

Les pluies efficaces, quant à elles, s’échelonnent entre 98 et 503 mm avec une moyenne de 278 mm. Cela correspond en moyenne régionale à des écarts aux normales de -34 mm.

Bien que les cumuls de pluies efficaces sur 12 mois restent inférieurs aux normales, les excédents de mai contribuent à améliorer sensiblement la situation à l’échelle régionale y compris sur la moitié nord de la région, moins arrosé ce mois-ci.

*Données de précipitations issues du modèle SIM de Meteo-France. Les cartes de gauche correspondent aux cumul estimés, alors que les cartes de droites correspondent à l'écart absolu (en mm)  aux normales 1991-2020 sur la même période.*

Données de précipitations issues du modèle SIM de Meteo-France. Les cartes de gauche correspondent aux cumul estimés, alors que les cartes de droites correspondent à l’écart absolu (en mm) aux normales 1991-2020 sur la même période.

Chronologie par ensemble hydrologique

Les excédents pluviométriques de mai, bien qu’inégalement répartis à l’échelle du territoire, permettent d’infléchir la tendance à la baisse observée depuis fin février sur les 4 grands ensembles hydrogéologiques de la région.

Si le déficit sur 12 mois reste encore relativement marqué sur le pays de Bray et le bassin parisien nord-Seine, les deux autres secteurs se rapprochent à nouveau des normales sur 12 mois cumulés.

A la fin du mois, l’écart aux normales des précipitations annuelles (courbe verte) par ensemble hydrologique se distingue comme suit:

  • -1 % pour le Massif armoricain;
  • -7 % pour le Bassin parisien sud-Seine;
  • -14 % pour le Bassin parisien nord-Seine;
  • -20 % pour le Pays de Bray.

Anomalie de précipitation (en %) mensuelle et annuelle pour chaque secteur hydrologique. L’anomalie mensuelle est représentée sous forme de barres représentant le déficit (rouge) ou l’excédent (bleu) de pluie. L’écart absolu est également indiqué en survolant la barre. L’anomalie annuelle est représentée par la courbe continue verte, elle est calculée sur 12 mois glissants : la valeur pour un mois donné est calculée à partir des barres des 12 mois précédents.

Humidité du sol

En moyenne mensuelle, pour ce mois de mai, l’indice d’humidité des sols est compris entre 0.38 et 0.72 avec une moyenne de 0.53. Les écarts aux normales s’étendent entre -35% et 13% pour une moyenne de -16%.

Les sols normands continuent de s’assécher en mai, mais les fortes pluies tombées en début de mois sur le sud de la région ont offert un répit à ce secteur, permettant aux sols de se maintenir à des niveaux proches des normales. Dans le reste de la région, la situation bascule vers des conditions sèches, avec un déficit plus marqué sur le Cotentin, l’aval du bassin versant de la Touques et une partie de la Seine-Maritime.

*Répartition de l’indice d’humidité des sols «SWI» (de l’anglais Soil Wetness Index). Il représente, sur une profondeur d’environ deux mètres, l’état de la réserve en eau du sol par rapport à la réserve utile (eau disponible pour l’alimentation des plantes). Si le SWI est égal à 0, le sol est très sec et les végétaux ne peuvent plus en tirer d’eau, tandis que si le SWI est égale à un le sol à atteint sa réserve utile. Le SWI peut être inférieur à 0 (stress hydrique) ou supérieur à 1 (dépasse la réserve utile).*

Répartition de l’indice d’humidité des sols «SWI» (de l’anglais Soil Wetness Index). Il représente, sur une profondeur d’environ deux mètres, l’état de la réserve en eau du sol par rapport à la réserve utile (eau disponible pour l’alimentation des plantes). Si le SWI est égal à 0, le sol est très sec et les végétaux ne peuvent plus en tirer d’eau, tandis que si le SWI est égale à un le sol à atteint sa réserve utile. Le SWI peut être inférieur à 0 (stress hydrique) ou supérieur à 1 (dépasse la réserve utile).

Situation hydrologique

Cartographie et distribution statistique sur la région

Carte des débits de base (Q3Jn)

Le débit de base des cours d’eau, est représenté par la variable Q3Jn mensuel. Par rapport au mois précédent, les débits de base évoluent en moyenne de:

  • -32% [-52%; -8%] pour le Massif armoricain avec une période de retour moyenne de 6 ans sec contre 5 ans sec le mois précédent;

  • -17% [-48%; 0%] pour le Bassin parisien sud-Seine avec une période de retour moyenne de 4 ans sec contre 5 ans sec le mois précédent;

  • -6% [-18%; 4%] pour le Bassin parisien nord-Seine avec une période de retour moyenne de 2 ans sec contre 2 ans sec le mois précédent;

  • -28% [-44%; -12%] pour le Pays de Bray avec une période de retour moyenne de 5 ans sec contre 5 ans sec le mois précédent.

Les débits de base sont en baisse sur tous les secteurs de la région. À quelques exceptions près, ils sont globalement atteints à la fin du mois lors de la période sèche et chaude de la dernière décade. On notera que, comme régulièrement, seuls quelques cours d’eau cauchois aux écoulements très soutenus par la nappe, comme le Cailly, la Valmont, la Ganzeville, la Durdent ou la Lézarde, maintiennent une stabilité de leur écoulement pour ce mois. Plus inhabituel à cette saison, nous retrouvons également ce phénomène sur plusieurs stations du bassin versant de l’Eure amont telles que l’Avre à Acon et Muzy, la Drouette et l’Eure à Cailly-sur-Eure.

D’un point de vue statistique, à l’ouest d’une ligne allant de Deauville à Chartres ainsi que sur le pays de Bray, les déficits se creusent. En effet, sur ces secteurs, seules quelques stations situées sur le sud-Manche affichent encore des valeurs de débits conformes aux normales mensuelles. La très grande majorité des stations accusent des déficits parfois importants. C’est notamment le cas du Trottebec à la Glacerie ou encore de la Souleuvre à Carville pour le massif Armoricain, mais aussi de l’Ure à Bourg-St-Léonard, de l’Ancre à Cricqueville-en-Auge ou encore de la Charentonne à la Trinité-de-Réville pour le bassin parisien du sud-Seine. Sur ces stations, les débits de base de ce mois de mai sont inférieurs aux valeurs de période de retour 20 ans dun mois de mai.

Sur le reste de la région, la situation demeure souvent plus proche des normales de saison. C’est le cas pour la plupart des stations des bassins versants de l’Eure et de l’Avre au sud de la Seine, mais aussi sur les stations des côtiers seino-marins. On notera tout de même que sur l’extrême nord de la Seine-Maritime, la Bresle à Ponts-et-Marais enregistre des débits dont la fréquence de retour est comprise entre cinq et dix ans secs. A contrario, sur l’Aubette-de-Magny à Ambleville dans le Vexin normand, les débits sont toujours supérieurs aux normales (entre la triennale et la quinquennale humide).

Qualification statistique saisonnière du débit de base. Chaque point correspond à un site hydrométrique. Il est coloré en fonction de la rareté de la variable Q3Jn du mois en cours relativement aux statistiques de ce mois de l’année. Le survol avec la souris d’un site sur la carte à gauche permet de visualiser son nom et de repérer ce même site sur le graphique à droite, et inversement. Dans le graphique de droite, les sites sont regroupés au sein des 4 grands ensembles hydrogéologiques . Les sites de la Seulles à Tierceville, l’Orne à La Courbe, à Grimbosq, à Thury-Harcourt, la Laize à Fresney-le-Puceux, la Béthune à Saint-Aubin-le-Cauf, l’Epte à Fourges et l’Andelle à Vascoeuil présentent la particularité d’avoir leur bassin versant à cheval sur deux ensembles hydrologiques : ils ont été positionnés au sein d’un de ces deux ensembles, mais peuvent, de fait, présenter une situation hydrologique hydride. Enfin, certains sites identifiés comme focus (anneau noir) font l’objet de commentaires détaillés dans la section suivante.

Carte des débits moyens mensuels (QMM)

Le débit moyen mensuel QmM est une variable qui intègre l’ensemble des écoulements mesurés sur le mois. Il est donc au moins supérieur ou égal au Q3Jn et sera d’autant plus élevé qu’il a beaucoup plu sur le mois considéré. Par rapport au mois précédent, les débits moyens mensuels évoluent en moyenne de:

  • -2% [-53%; 137%] pour le Massif armoricain avec une période de retour moyenne de 3 ans sec contre 4 ans sec le mois précédent;

  • 7% [-17%; 49%] pour le Bassin parisien sud-Seine avec une période de retour moyenne de 3 ans sec contre 6 ans sec le mois précédent;

  • -2% [-13%; 13%] pour le Bassin parisien nord-Seine avec une période de retour moyenne de 2 ans sec contre 3 ans sec le mois précédent;

  • -12% [-23%; 8%] pour le Pays de Bray avec une période de retour moyenne de 3 ans sec contre 6 ans sec le mois précédent.

Sur les débits moyens mensuels, la situation est légèrement différente. En effet, les précipitations parfois conséquentes du début du mois de mai ont souvent permis aux cours d’eau de maintenir un débit moyen mensuel stable par rapport au mois précédent. À l’échelle régionale, seul le pays de Bray enregistre une moyenne des débits moyens mensuels en baisse, due essentiellement à des précipitations tout juste conformes aux normales sur ce secteur.

Dans le détail, sur le massif armoricain, dans le Nord-Cotentin, les cours d’eau ont souvent bénéficié d’une pluviométrie moindre que ceux du sud de ce secteur. Par conséquent, les plus fortes augmentations sont observées dans le centre-est et le sud de cette zone ; c’est notamment le cas sur la Cance, affluent amont de l’Orne, et de la Mayenne à Madré qui ont vu leur débit moyen mensuel multiplié par 2 par rapport au mois d’avril. Sur le nord du Cotentin et l’ouest du massif armoricain, la baisse des débits s’est poursuivie. Les plus fortes baisses sont observées sur la Soulles à Coutances et l’Airou au Mesnil-Rogues. Par ailleurs, c’est sur le Trottebec à la Glacerie et la Douve à Sottevast que l’on retrouve les périodes de retour les plus rares (entre la décennale et la vicennale sèche).

Sur le reste de la région, les débits moyens mensuels évoluent à la hausse ou à la baisse en un lien assez net avec la carte d’écart aux précipitations mensuelles. Les plus fortes augmentations sont observées sur des stations du bassin parisien du sud de la Seine, avec notamment l’Ure à Bourg-St-Léonard (+49%) ou encore l’Avre à St-Christophe (+45%). La plus forte baisse est enregistrée sur le pays de Bray avec −23% sur la Béthune à St-Aubin-le-Cauf.

Concernant les statistiques sur ces trois secteurs, à l’exception de Charpont sur l’Eure et d’Ambleville sur l’Aubette-de-Magny, toutes les stations affichent des périodes de retour proches ou inférieures aux normales. Les valeurs les plus rares (entre la quinquennale et la décennale sèche) se retrouvent sur la Dives à Saint-Lambert-sur-Dive, la Seulles à Tierceville, le Guiel à Montreuil-l’Argillé, la Touques à Saint-Martin-de-la-Lieue et l’Orbiquet à Beuvillers.

Qualification statistique saisonnière du débit moyen mensuel. Chaque point correspond à un site hydrométrique. Il est coloré en fonction de la rareté de la variable QMM du mois en cours relativement aux statistiques de ce mois de l’année. Le survol avec la souris d’un site sur la carte à gauche permet de visualiser son nom et de repérer ce même site sur le graphique à droite, et inversement. Dans le graphique de droite, les sites sont regroupés au sein des 4 grands ensembles hydrogéologiques . Les sites de la Seulles à Tierceville, l’Orne à La Courbe, à Grimbosq, à Thury-Harcourt, la Laize à Fresney-le-Puceux, la Béthune à Saint-Aubin-le-Cauf, l’Epte à Fourges et l’Andelle à Vascoeuil présentent la particularité d’avoir leur bassin versant à cheval sur deux ensembles hydrologiques : ils ont été positionnés au sein d’un de ces deux ensembles, mais peuvent, de fait, présenter une situation hydrologique hydride. Enfin, certains sites identifiés comme focus (anneau noir) font l’objet de commentaires détaillés dans la section suivante.

Evolution pluri-annuelle

On visualise bien sur le diagramme pluri-annuel ci-dessous:

  • l’étiage 2023 qui aura été marqué sur les cours d’eau du bassin parisien au sud de la Seine, du bassin de l’Eure jusqu’au bassin de la Dives, en passant par l’amont des bassins de l’Huisne et de la Sarthe. Les cours d’eau du Pays de Caux au nord de la Seine, du Pays de Bray et du massif armoricain ont globalement mieux résisté à cet étiage 2023 ;

  • sur tous les cours d’eau normands, la rupture très marquée qui est survenue en novembre 2023, faisant basculer les débits des cours d’eau dans une situation plus humide que les normales. Sur une longue période d’un an et demi environ s’étendant jusqu’au printemps 2025, les débits des cours d’eau se sont maintenus le plus souvent au-dessus des normales saisonnières de façon quasi continue, avec deux hivers successifs particulièrement humides, un printemps 2024 arrosé ponctué de crues tardives et localement fortes et enfin un étiage 2024 très peu marqué entre les deux ;

  • à compter de la fin de l’hiver 2024-2025, un glissement progressif en 2025 vers une situation proche des normales sur le Pays de Bray et les autres cours d’eau du bassin parisien et à nouveau nettement sèche sur les cours d’eau du massif armoricain qui ont connu un étiage 2025 marqué sans être exceptionnel (moins marqué qu’en 2022) ;

  • l’année 2026 débute sur une situation contrastée. Après une aggravation de la situation hydrologique en janvier en l’absence de précipitations hivernales significatives, notamment sur le massif armoricain et le bassin parisien au sud de la Seine, le mois de février a marqué un net retournement de situation qui a permis à la majorité des cours d’eau de la région de basculer à nouveau dans une situation humide ou proche des normales, en particulier sur le massif armoricain, le pays de Bray et le bassin parisien sud-Seine. Ce répit n’aura finalement été que de courte durée puisque les mois d’avril et de mai marquent un retour à une situation très sèche sur ces trois secteurs.

Evolution mensuelle de la qualification statistique du débit de base (Q3Jn). Ce diagramme permet de visualiser pour l’ensemble des sites utilisés dans ce bulletin, mois par mois depuis 3 ans, la rareté du débit de base pour le mois considéré. Chaque site est représenté par une ligne à l’intérieur de laquelle chaque case correspond à un mois. La couleur de la case représente la période de retour du Q3Jn de ce site pour ce mois. Le nom du site et la date d’observation du Q3Jn de chaque mois est accessible en survolant le graphique, case par case. Analysé site par site, par grand ensemble hydrogéologique ou à l’échelle complète de la Normandie, ce diagramme donne à voir les grandes tendances hydrologiques sur une profondeur de 3 ans.

Dynamique hydrologique sur l’année et sur le mois : focus sur quelques sites

Les hydrogrammes présentés ci-après illustrent de façon plus détaillée la situation hydrologique de quelques cours d’eau dont les comportements sont jugés soit représentatifs ce mois-ci des 4 grands ensembles hydrologiques de la région soit, au contraire, présentent un caractère singulier utile à commenter. Les stations identifiées en focus dans les cartes précédentes sont utilisées à cette fin. Les graphiques couvrent une période de 3 ans environ, permettant ainsi de suivre l’évolution des débits journaliers des derniers mois et de comparer d’une année à l’autre la situation pour une même saison.

Nous invitons le lecteur pour un suivi fin et sur de plus longues périodes, à se référer à la plateforme de suivi de la situation hydrologique normande, ou encore directement sur l’HydroPortail.

Pays de Bray

Sur les cours d’eau du Pays de Bray (illustré ici par la station de la Béthune à St-Aubin-le-Cauf) après les précipitations importantes du mois de février ayant permis un bref retour des débits à des valeurs de saison, les mois d’avril et mai affichent une dynamique de baisse quasi ininterrompue. Les débits restent bien inférieurs à la médiane et affichent une période de retour entre la triennale et la quinquennale sèche. En l’absence de précipitations importantes dans ce secteur, il est donc très probable que l’étiage à venir soit relativement marqué.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Bassin parisien nord-Seine

Sur les cours d’eau du nord de la Seine, nous pouvons observer des comportements bien différents suivant les cours d’eau et leur secteur.

Sur le nord de la Seine-Maritime, ici sur la Bresle à Ponts-et-Marais, les débits sont restés faibles et bien inférieurs à la médiane depuis le mois de septembre 2025, traduisant ainsi un automne-hiver 2025-2026 avec des précipitations faibles et inférieures aux normales. Ce mois de mai ne déroge pas à cette tendance et, mis à part la première quinzaine, les débits sont bien inférieurs aux valeurs saisonnières (période de retour entre 5 et 10 ans secs observés en fin de mois).

Sur le pays de Caux, la dynamique demeure bien différente. Illustrée ici par la Lézarde à Montivilliers, bien que largement inférieurs aux deux années précédentes, les débits demeurent proches de la médiane et des valeurs de saison. On notera également que sur cette station, lors de l’événement pluviométrique du 09/05, des ruissellements importants ont été observés, atteignant des valeurs de débit élevées pour la saison. Toutefois, le caractère très transitoire de cet événement ne permet pas de l’observer clairement sur l’hydrogramme ci-dessous.

Enfin, sur le Vexin, l’Aubette-de-Magny continue d’enregistrer des valeurs de débit supérieures aux valeurs interannuelles, et ceci depuis le mois d’octobre 2023. Il s’agit de la seule station de la région à afficher des débits de base supérieurs aux normales.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Bassin parisien sud-Seine

Sur cette partie sud du bassin parisien normand, les dynamiques des cours d’eau sont beaucoup plus homogènes. Sur ce mois de mai, les précipitations ont souvent été plus marquées que sur le reste du territoire. Néanmoins, le débit des cours d’eau de ce secteur est très souvent inférieur aux normales de saison. C’est notamment le cas aux stations de Beuvillers sur l’Orbiquet et de Bourg-Saint-Léonard sur l’Ure. Malgré des réactions plus ou moins marquées aux précipitations du début mai, les débits maintiennent une dynamique en baisse. Pour la station de Bourg-Saint-Léonard, on notera que le débit de base atteint sur ce mois de mai figure parmi les trois plus faibles valeurs observées en 33 ans.

Le bassin versant de l’Eure est le seul secteur à afficher des valeurs statistiques légèrement différentes. Ci-dessous, à la station aval de Louviers, on observe des débits qui se maintiennent relativement proches de la médiane et des valeurs statistiques proches des normales. C’est d’ailleurs sur ce bassin versant que sont situées la quasi-totalité des stations ayant des débits de base proches des normales.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Massif armoricain

Sur les cours d’eau du massif armoricain normand, la situation est relativement sèche et la plupart des stations enregistrent des déficits plus ou moins marqués. Toutefois, sur ce mois, la répartition des précipitations aboutit à des variations de débit différentes suivant les secteurs.

Sur la moitié nord de ce secteur, peu arrosée et illustrée ici par le Trottebec à La Glacerie et la Soulles à Coutances, les débits sont quasiment en baisse continue en avril et mai et la période chaude de la fin du mois de mai accentue cette baisse. Sur ce secteur, aucune station n’affiche de débit conforme aux normales.

Sur la moitié sud, les précipitations de début mai ont été plus marquées et on observe très bien leur impact sur les hydrogrammes, comme ci-dessous sur la Sélune à Saint-Aubin-de-Terregatte avec une “bosse” assez longue qui reflète l’effet significatif (sur un mois environ) des pluies de début mai, les débits ne retrouvant les valeurs du début du mois qu’à la fin du mois. C’est sur cette partie sud de ce secteur que nous retrouvons logiquement les stations ayant des débits de base les plus proches des normales.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Glossaire

Année hydrologique : période continue de douze mois choisie de façon à minimiser les reports hydrologiques d’une année sur l’autre. Elle débute à une date de l’année où les réserves sont au plus bas et est donc choisie en fonction des conditions climatiques de chaque région. En Normandie, celle-ci débute par convention au 1er septembre.

Évapotranspiration : quantité d’eau évaporée (à la surface du sol et des étendues d’eau) et transpirée par les plantes. Elle peut être potentielle (quantité d’eau potentiellement mis en jeu) ou réelle (quantité d’eau effectivement évapotranspirée).

Pluies efficaces : les pluies (ou précipitations) efficaces sont égales à la différence entre les précipitations totales et l’évapotranspiration réelle. Ces précipitations sont soit stockées, soit infiltrées (recharge des nappes) soit ruisselées.

Niveau piézométrique (ou par raccourci piézométrie): altitude ou profondeur (par rapport au sol) de la surface de la nappe souterraine.

Recharge des nappes: période/phénomène d’augmentation des niveaux des eaux souterraines. On parle régulièrement de recharge hivernale.

Vidange des nappes: période/phénomène de baisse des niveaux des eaux souterraines. On parle régulièrement de vidange estivale.

Débit de base / VCN3 / Q3Jn : il s’agit du débit du cours d’eau en l’absence de ruissellement consécutif à de récentes précipitations. La grandeur choisie pour le quantifier est le VCN3, débit moyen minimal calculé sur trois jours consécutifs pour une période donnée (mensuelle pour ce bulletin)

Hydraulicité : rapport du débit moyen sur une période donnée (mensuelle ou annuelle) à sa moyenne interannuelle sur cette même période. Elle permet de positionner simplement le débit d’une année ou d’un mois donné par rapport à l’année normale ou au mois normal.

Médiane : pour un échantillon de valeurs ordonnées, la médiane correspond à la valeur qui se trouve au point milieu de cette liste, permettant de couper l’ensemble des valeurs en deux parties égales (50%) en nombre de valeurs. Elle diffère de la moyenne de ces valeurs.

Fréquence ou Période de retour : la fréquence (au dépassement) d’un événement est la probabilité que cet événement soit atteint ou dépassé chaque année. La période de retour (ou récurrence) est l’inverse de la fréquence. Exemple : une crue décennale a, chaque année, une chance sur dix d’être atteinte ou dépassée

Débit mensuel quinquennal humide (resp. sec) : pour un mois considéré, c’est le débit mensuel qui a une probabilité de 1/5 (resp. 4/5) d’être dépassé chaque année. Il permet de caractériser un mois calendaire de forte hydraulicité.

Débit de base quinquennal humide (resp. sec) : c’est le débit de base (Q3Jn) qui a une probabilité de 1/5 (resp. 4/5) d’être dépassé chaque année.

Tarissement d’une rivière: phénomène de décroissance régulière du débit en l’absence de précipitations et d’intervention humaine

Étiage : période de l’année hydrologique où le débit d’un cours d’eau est bas. Il s’établit par le tarissement progressif du cours d’eau peu ou pas entrecoupé de précipitations.