Résumé du mois

Le mois de mars a été globalement sec à l’exception de deux séquences de pluie du 10 au 13 et du 25 au 27. En moyenne le mois est donc déficitaire, à la suite d’un mois de février au contraire record. Les effets de février se font toujours sentir sur les sols, leur humidité étant dorénavant proche des normales. Nous assistons cette année, comme l’an passé, à une fin précoce de la période de recharge, avec des pluies efficaces déjà nulles ou négatives.

Au cours du mois de mars, les débits sont en baisse quasi généralisée à l’échelle de la région. Seul le secteur du pays de Caux montre encore quelques stations avec des valeurs en augmentation. Globalement, les débits sont très majoritairement proches des valeurs saisonnières. On notera tout de même que sur de nombreuses stations (sur tous les secteurs hydrogéologiques), les débits moyens mensuels demeurent relativement faibles par rapports aux normales. Le mois de février 2026, extrêmement pluvieux, n’aura donc peut être pas été suffisant pour combler un enchaînement de mois déficitaires observés auparavant.

Une aide à la lecture de l’hydrologie normande

La Normandie est une région à l’interface entre les formations anciennes du massif armoricain sur son tiers ouest, dites du socle, et les formations sédimentaires plus récentes du bassin parisien sur les deux tiers est. Ces deux entités géologiques s’opposent par leurs caractéristiques physiques en lien avec leur âge et leur origine. Cette diversité géologique, additionnée d’un gradient climatique ouest-est et sud-nord se traduit naturellement par une diversité de comportements hydrologiques sur le territoire. La carte ci-dessous présente le territoire couvert par les unités d’hydrométrie de la DREAL Normandie, ainsi que les 4 zones utilisées pour commenter chaque mois la situation hydrologique dans différents secteurs normands. Ce zonage (massif armoricain, bassin parisien sud-Seine, bassin parisien nord-Seine, pays de Bray) a été construit de sorte à proposer une synthèse de la situation hydrologique représentative d’un ensemble de bassins versants dont le fonctionnement hydrologique est généralement assez homogène.

Carte lithologique au 1/1000000 ème et répartition des quatre grands ensembles hydrologiques. Survoler un des ensembles pour obtenir des informations sur son fonctionnement.

Précipitations, pluies efficaces, humidité des sols et écart aux normales

Les cartes ci-dessous sont produites par la DREAL à partir des données de la chaîne de modélisation SIM de Météo-France. Elles peuvent donc présenter de légères différences avec une analyse issue d’une autre donnée d’entrée produite par Météo-France.

Sur 1 mois

Pour le mois de mars, les pluies cumulées s’étendent entre 26 et 61 mm avec une moyenne de 42 mm. A l’échelle de la région, cela correspond en moyenne à des écarts aux normales de -19 mm soit -31 %.

A l’exception de la Manche qui a reçu plus d’eau que la moyenne régionale, les pluies ont été globalement homogènes sur le territoires. Elles sont d’ailleurs dans l’ensemble légèrement déficitaires (gamme -10 à -25 mm), à l’exception de la partie sud-est du territoire. Les pluies se sont réparties en deux séquences allant du 10 au 13 mars (avec notamment la journée du 13 avec des cumuls supérieurs à 15 mm sur l’ensemble du territoire) et du 25 au 27 mars.

Les pluies efficaces, quant à elles, s’échelonnent entre -19 et 13 mm avec une moyenne de -4 mm. A l’échelle de la région, cela correspond en moyenne à des écarts aux normales de -25 mm.

Pour la première fois ce printemps, la pluie efficace affiche des valeurs négatives, conjonction de pluies déficitaires et d’une croissance de la végétation. Cette chute des pluies efficaces annonce la fin de la période de recharge : à compter de maintenant les pluies vont essentiellement alimenter la flore, s’écouler vers la rivière ou s’évaporer.

*Données de précipitations issues du modèle SIM de Meteo-France. Les cartes de gauche correspondent aux cumul estimés, alors que les cartes de droites correspondent à l'écart absolu (en mm)  aux normales 1991-2020 sur la même période.*

Données de précipitations issues du modèle SIM de Meteo-France. Les cartes de gauche correspondent aux cumul estimés, alors que les cartes de droites correspondent à l’écart absolu (en mm) aux normales 1991-2020 sur la même période.

Sur 12 mois

Sur les 12 derniers mois, les pluies cumulées s’étendent entre 507 et 1142 mm avec une moyenne de 775 mm. Cela correspond en moyenne régionale à des écarts aux normales de -83 mm soit -10 %.

Des différences marquées apparaissent toujours sur la Normandie: la Manche et l’Eure sont globalement proches des normales tandis qu’un déficit se creuse sur l’Orne, le Calvados et la Seine-Maritime.

Les pluies efficaces, quant à elles, s’échelonnent entre 69 et 532 mm avec une moyenne de 263 mm. Cela correspond en moyenne régionale à des écarts aux normales de -49 mm.

Les différences infra-régionales observées sur la pluie sont similaires pour les pluies efficaces. Cependant l’écart aux normales est plus faible pour les pluies efficaces ce qui peut être une conséquence des fortes pluies de février (rapportés à l’année, les écarts de février ont un poids plus important).

*Données de précipitations issues du modèle SIM de Meteo-France. Les cartes de gauche correspondent aux cumul estimés, alors que les cartes de droites correspondent à l'écart absolu (en mm)  aux normales 1991-2020 sur la même période.*

Données de précipitations issues du modèle SIM de Meteo-France. Les cartes de gauche correspondent aux cumul estimés, alors que les cartes de droites correspondent à l’écart absolu (en mm) aux normales 1991-2020 sur la même période.

Chronologie par ensemble hydrologique

Sur 12 mois, la tendance reste à la hausse car le déficit de mars 2026 est inférieur au déficit de mars 2025 (qui est sorti du bilan). Les écarts de l’ordre de -15 % constatés sur le bassin parisien et le pays de Bray vont donc nécessiter encore quelques mois humides pour se combler.

A la fin du mois, l’écart aux normales des précipitations annuelles (courbe verte) par ensemble hydrologique se distingue comme suit:

  • -4 % pour le Massif armoricain;
  • -11 % pour le Bassin parisien sud-Seine;
  • -15 % pour le Bassin parisien nord-Seine;
  • -21 % pour le Pays de Bray.

Anomalie de précipitation (en %) mensuelle et annuelle pour chaque secteur hydrologique. L’anomalie mensuelle est représentée sous forme de barres représentant le déficit (rouge) ou l’excédent (bleu) de pluie. L’écart absolu est également indiqué en survolant la barre. L’anomalie annuelle est représentée par la courbe continue verte, elle est calculée sur 12 mois glissants : la valeur pour un mois donné est calculée à partir des barres des 12 mois précédents.

Humidité du sol

En moyenne mensuelle, pour ce mois de mars, l’indice d’humidité des sols est compris entre 0.76 et 0.97 avec une moyenne de 0.86. Les écarts aux normales s’étendent entre -10% et 7% pour une moyenne de 1%.

Avec un redoux global en mars et des précipitations plus faibles, les sols se sont globalement asséchés pour retrouver des valeurs humides mais proches des normales de saison.

*Répartition de l’indice d’humidité des sols «SWI» (de l’anglais Soil Wetness Index). Il représente, sur une profondeur d’environ deux mètres, l’état de la réserve en eau du sol par rapport à la réserve utile (eau disponible pour l’alimentation des plantes). Si le SWI est égal à 0, le sol est très sec et les végétaux ne peuvent plus en tirer d’eau, tandis que si le SWI est égale à un le sol à atteint sa réserve utile. Le SWI peut être inférieur à 0 (stress hydrique) ou supérieur à 1 (dépasse la réserve utile).*

Répartition de l’indice d’humidité des sols «SWI» (de l’anglais Soil Wetness Index). Il représente, sur une profondeur d’environ deux mètres, l’état de la réserve en eau du sol par rapport à la réserve utile (eau disponible pour l’alimentation des plantes). Si le SWI est égal à 0, le sol est très sec et les végétaux ne peuvent plus en tirer d’eau, tandis que si le SWI est égale à un le sol à atteint sa réserve utile. Le SWI peut être inférieur à 0 (stress hydrique) ou supérieur à 1 (dépasse la réserve utile).

Situation hydrologique

Cartographie et distribution statistique sur la région

Carte des débits de base (Q3Jn)

Le débit de base des cours d’eau, est représenté par la variable Q3Jn mensuel. Par rapport au mois précédent, les débits de base évoluent en moyenne de:

  • -53% [-78%; 11%] pour le Massif armoricain avec une période de retour moyenne de 3 ans humide contre 8 ans humide le mois précédent;

  • -23% [-73%; 19%] pour le Bassin parisien sud-Seine avec une période de retour moyenne de 2 ans sec contre 3 ans humide le mois précédent;

  • 14% [-13%; 58%] pour le Bassin parisien nord-Seine avec une période de retour moyenne de 2 ans humide contre 2 ans sec le mois précédent;

  • -34% [-52%; -8%] pour le Pays de Bray avec une période de retour moyenne de 2 ans humide contre 3 ans humide le mois précédent.

En mars 2026, très majoritairement, et sur tous les secteurs hydrogéologiques, les débits de base sont atteints lors de la dernière décade.

Par ailleurs, ayant été beaucoup moins arrosé que celui de février, les valeurs de débits de base sont logiquement en baisse par rapport au mois précédent sur la grande majorité de la région. Seul le bassin parisien situé au nord de la Seine enregistre encore des débits en augmentation. Cela s’explique notamment par le caractère beaucoup plus inertiel des cours d’eau de ce secteur mais également par le fait que cette zone avait bénéficié d’augmentations de débits relativement modérées au cours du mois de février. Sur ce secteur, à exception de l’Epte à Fourges (-13 %), toutes les stations enregistrent des débits stables ou en augmentation par rapport à février. Les augmentations les plus marquantes se situent sur le Cailly à Cailly avec + 58 % et sur l’Yères à Touffreville-sur-Eu (+ 35 %).

Sur les autres secteurs, les augmentations sont beaucoup plus rares et plus modérées (<20%) et ce sont surtout les baisses observées sur cette variable qui sont le plus remarquable. On retiendra notamment l’Eure à Saint-Luperce (-73 %) ; la Sarthe à Saint-Céneri-le-Gérei (-67 %) ; l’Odon à Epinay-sur-Odon (-78%) ; la Souleuvre à Carville (-75 %) ou encore l’Epte à Gournay-en-Bray (-52%).

D’un point de vue statistique, les baisses de débits observées sur le mois de mars, permettent un retour vers des valeurs plus proches des normales. Sur l’ensemble de la région, à quelques rares exceptions près, les valeurs de débit sont soit proches des normales soit légèrement supérieures. Sur le massif armoricain, c’est dans le centre Manche que l’on retrouve les valeurs les plus rares (supérieures à la quinquennale humide) et notamment sur la Braize à Lolif, la Taute à Saint-Sauveur ou encore le Thar à Jullouville. sur le bassin parisien, toujours en valeurs supérieures à la quinquennale humide, on peut citer par exemple l’Eure à Charpont (Sud-Seine), la lézarde à Montivilliers (Pointe de Caux) ou encore l’Aubette-de-Magny à Ambleville (Nord-Seine). Sur ce mois, seules trois stations présentent des débits de base légèrement inférieurs aux normales (toutes dans le secteur sud-Seine : le Guiel à Montreuil-l’Argillé ; la Charentonne à la Trinité-de-Réville et l’Ure à Bourg-St-Léonard.

Qualification statistique saisonnière du débit de base. Chaque point correspond à un site hydrométrique. Il est coloré en fonction de la rareté de la variable Q3Jn du mois en cours relativement aux statistiques de ce mois de l’année. Le survol avec la souris d’un site sur la carte à gauche permet de visualiser son nom et de repérer ce même site sur le graphique à droite, et inversement. Dans le graphique de droite, les sites sont regroupés au sein des 4 grands ensembles hydrogéologiques . Les sites de la Seulles à Tierceville, l’Orne à La Courbe, à Grimbosq, à Thury-Harcourt, la Laize à Fresney-le-Puceux, la Béthune à Saint-Aubin-le-Cauf, l’Epte à Fourges et l’Andelle à Vascoeuil présentent la particularité d’avoir leur bassin versant à cheval sur deux ensembles hydrologiques : ils ont été positionnés au sein d’un de ces deux ensembles, mais peuvent, de fait, présenter une situation hydrologique hydride. Enfin, certains sites identifiés comme focus (anneau noir) font l’objet de commentaires détaillés dans la section suivante.

Carte des débits moyens mensuels (QMM)

Le débit moyen mensuel QMM est une variable qui intègre l’ensemble des écoulements mesurés sur le mois. Il est donc au moins supérieur ou égal au Q3Jn et sera d’autant plus élevé qu’il a beaucoup plu sur le mois considéré. Par rapport au mois précédent, les débits moyens mensuels évoluent en moyenne de:

  • -63% [-82%; -32%] pour le Massif armoricain avec une période de retour moyenne de 2 ans humide contre 12 ans humide le mois précédent;

  • -60% [-89%; -30%] pour le Bassin parisien sud-Seine avec une période de retour moyenne de 3 ans sec contre 8 ans humide le mois précédent;

  • -10% [-41%; 13%] pour le Bassin parisien nord-Seine avec une période de retour moyenne de 2 ans humide contre 3 ans humide le mois précédent;

  • -64% [-74%; -40%] pour le Pays de Bray avec une période de retour moyenne de 3 ans sec contre 6 ans humide le mois précédent.

Sur ce mois, les débits mensuels sont donc en baisse sur tous les secteurs hydrogéologiques. Ces baisses sont relativement importantes et de même ampleur sur les secteurs du massif armoricain, du pays de Bray et du bassin Parisien situé au sud de la Seine. Sur ces trois secteurs, aucune station n’affiche de débits moyens mensuels en augmentation par rapport au mois de février. Les baisses les plus notables sont observées sur l’Eure à Saint-Luperce (-89%) ; l’Ure au Bourg-Saint-Léonard (-81%) ; la Mayenne à Madré (-82%) ; l’Odon à Epinay-sur-Odon (-81 %), l’Epte à Gournay-en-Bray et Saumon-la-Poterie (respectivement -74 % et - 73 %). Sur le dernier secteur, le bassin Parisien du nord de la Seine, la situation est beaucoup plus nuancée avec des stations, toutes situées sur le pays de Caux qui enregistrent des valeurs de débit en augmentation par rapport au mois dernier. On peut la encore retenir le Cailly à Cailly (+58 %) et l’Yères à Touffreville-sur-Eu (+ 35%).

D’un point de vue statistique, la situation à l’échelle régionale est assez contrastée. En effet, le mois de mars ayant été relativement sec mais précédé d’un mois de février extrêmement humide engendre de multiple situations :

  • Sur le pays de Bray, secteur le plus homogène de la région pour ce mois, trois des quatre stations suivies dans ce secteur affichent des valeurs inférieures aux normales saisonnières (entre 3 et 5 ans sec) ;

  • Sur le bassin parisien du nord de la Seine, si la très grande majorité des stations affichent des valeurs proches des normales, le débit de la station de Ponts-et-Marais sur la Bresle est qualifié d’une période de retour inférieure à la normale (triennale sèche) et les stations de Montivilliers et d’Ambleville enregistrent quant à elles des valeurs supérieurs aux normales (respectivement quadriennale et quinquennale humide).

  • Sur le bassin parisien du sud de la Seine, la situation est plus sèche. En effet, près de la moité des stations possèdent un débit inférieurs aux normales allant jusqu’à la quinquennale sèche sur la station de la Trinité-de-Réville sur la Charentonne.

  • Enfin, sur le massif Armoricain, la situation est là aussi très hétérogène puisque les débits évoluent de puis des valeurs inférieures aux normales (proche de la quadriennale sèche) comme sur la Cance à Tanques ou sur la Mayenne à Madré, jusqu’à des valeurs bien supérieures comme sur la Braize à Lolif ou le Thar à Jullouville (supérieures à la quinquennale humide).

Qualification statistique saisonnière du débit moyen mensuel. Chaque point correspond à un site hydrométrique. Il est coloré en fonction de la rareté de la variable QMM du mois en cours relativement aux statistiques de ce mois de l’année. Le survol avec la souris d’un site sur la carte à gauche permet de visualiser son nom et de repérer ce même site sur le graphique à droite, et inversement. Dans le graphique de droite, les sites sont regroupés au sein des 4 grands ensembles hydrogéologiques . Les sites de la Seulles à Tierceville, l’Orne à La Courbe, à Grimbosq, à Thury-Harcourt, la Laize à Fresney-le-Puceux, la Béthune à Saint-Aubin-le-Cauf, l’Epte à Fourges et l’Andelle à Vascoeuil présentent la particularité d’avoir leur bassin versant à cheval sur deux ensembles hydrologiques : ils ont été positionnés au sein d’un de ces deux ensembles, mais peuvent, de fait, présenter une situation hydrologique hydride. Enfin, certains sites identifiés comme focus (anneau noir) font l’objet de commentaires détaillés dans la section suivante.

Evolution pluri-annuelle

On visualise bien sur le diagramme pluri-annuel ci-dessous:

  • l’étiage 2023 qui aura été marqué sur les cours d’eau du bassin parisien au sud de la Seine, du bassin de l’Eure jusqu’au bassin de la Dives, en passant par l’amont des bassins de l’Huisne et de la Sarthe. Les cours d’eau du Pays de Caux au nord de la Seine, du Pays de Bray et du massif armoricain ont globalement mieux résisté à cet étiage 2023 ;

  • sur tous les cours d’eau normands, la rupture très marquée qui est survenue en novembre 2023, faisant basculer les débits des cours d’eau dans une situation plus humide que les normales. Sur une longue période d’un an et demi environ s’étendant jusqu’au printemps 2025, les débits des cours d’eau se sont maintenus le plus souvent au-dessus des normales saisonnières de façon quasi continue, avec deux hivers successifs particulièrement humides, un printemps 2024 arrosé ponctué de crues tardives et localement fortes et enfin un étiage 2024 très peu marqué entre les deux ;

  • depuis la fin de l’hiver 2024-2025, un glissement progressif vers une situation proche des normales sur le Pays de Bray et les autres cours d’eau du bassin parisien et à nouveau nettement sèche sur les cours d’eau du massif armoricain qui ont connu un étiage 2025 marqué sans être exceptionnel (moins marqué qu’en 2022) ;

  • L’année 2026 débute sur une situation contrastée. Après une pause en janvier dans l’amélioration des écoulements observée à la fin de l’année 2025, notamment sur le massif armoricain et le pays de Bray, le mois de février marque un net retournement de situation. La majorité des cours d’eau de la région bascule à nouveau dans une situation humide ou proche des normales. Cette évolution particulièrement visible sur le massif armoricain, le pays de Bray et le bassin parisien sud-seine, reste plus modérée sur les cours d’eau très inertiels du secteur nord-seine. Les mois à venir nous diront si cette rupture de situation en février est pérenne ou s’il s’agissait d’une “parenthèse” de courte durée.

Evolution mensuelle de la qualification statistique du débit de base (Q3Jn). Ce diagramme permet de visualiser pour l’ensemble des sites utilisés dans ce bulletin, mois par mois depuis 3 ans, la rareté du débit de base pour le mois considéré. Chaque site est représenté par une ligne à l’intérieur de laquelle chaque case correspond à un mois. La couleur de la case représente la période de retour du Q3Jn de ce site pour ce mois. Le nom du site et la date d’observation du Q3Jn de chaque mois est accessible en survolant le graphique, case par case. Analysé site par site, par grand ensemble hydrogéologique ou à l’échelle complète de la Normandie, ce diagramme donne à voir les grandes tendances hydrologiques sur une profondeur de 3 ans.

Dynamique hydrologique sur l’année et sur le mois : focus sur quelques sites

Les hydrogrammes présentés ci-après illustrent de façon plus détaillée la situation hydrologique de quelques cours d’eau dont les comportements sont jugés soit représentatifs ce mois-ci des 4 grands ensembles hydrologiques de la région soit, au contraire, présentent un caractère singulier utile à commenter. Les stations identifiées en focus dans les cartes précédentes sont utilisées à cette fin. Les graphiques couvrent une période de 3 ans environ, permettant ainsi de suivre l’évolution des débits journaliers des derniers mois et de comparer d’une année à l’autre la situation pour une même saison.

Nous invitons le lecteur pour un suivi fin et sur de plus longues périodes, à se référer à la plateforme de suivi de la situation hydrologique normande, ou encore directement sur l’HydroPortail.

Pays de Bray

A Gournay-en-Bray, on observe bien l’effet des précipitations du mois de février sur les débits de l’Epte permettant ainsi leur nette remontée. Le mois de mars beaucoup plus sec est suivi d’une baisse quasi-continue des valeurs de débits qui finissent par revenir sur des valeurs proches des normales de saison. Pour le moment, les débits de base de mars 2026 sont proches de ceux observés en 2025 à la même époque.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Bassin parisien nord-Seine

On observe sur les trois hydrogrammes ci-dessous des réactions et des situations bien différentes suivants les secteurs de cette partie du bassin parisien.

Tout d’abord pour les écoulements du nord de la Seine-Maritime, représentés ici par la Bresle à Ponts-et-Marais, les débits affichent une tendance à l’augmentation dès le mois de novembre 2025. Pourtant, ils restent très souvent inférieurs à la médiane et aux normales de saison. Sur ce mois de mars 2026, les valeurs sont légèrement inférieures aux normales et bien en dessous de celles observées l’année passée à la même époque.

Autre secteur de la Seine-Maritime, sur la pointe de Caux, la Lézarde à Montivilliers offre des écoulements bien différents de ceux observés sur le Nord. En effet, sur ce cours d’eau, les débits varient relativement lentement et restent globalement supérieurs aux valeurs inter-annuelles. On observe toutefois une réaction assez nette sur lors des épisodes pluvieux de février.

Enfin, sur le dernier hydrogramme présenté ci-dessous, le Cailly à Cailly situé proche des sources du Cailly, on observe un net regain du débit au début du mois de février permettant à ce cours d’eau de revenir à des valeurs proches des normales. Puis sur le mois de mars, une évolution très lente des valeurs de débit proche de la stagnation. Sur ces cours d’eau, il n’est pas impossible que cette situation perdure encore quelques temps.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Bassin parisien sud-Seine

Sur cette partie du territoire, on observe une dynamique des hydrogrammes assez proche sur les différents cours d’eau du secteur. En effet, sur les dernier mois, on observe des valeurs de débits évoluant assez peu (souvent en légère baisse pour le débit de base) sur l’automne et le début d’hiver. Le mois de février marque une réelle coupure et entraîne un changement d’ordre de grandeur sur les débits. Sur le mois de mars, les valeurs de débits sont en baisse suite à un mois très sec à l’exception d’un passage pluvieux aux alentours du 15 mars. Toutefois, les conséquences en terme de statistiques ne sont pas les mêmes suivant les bassins versants.

Ci-dessous, on observe sur la Calonne aux Autieux-sur-Calonne que les débits se maintiennent la plupart du temps au-dessus des valeurs inter-annuelles, y-compris au mois de mars 2026 et ceci depuis plus d’un an. C’est également le cas sur plusieurs stations du bassin versant de l’Eure. A l’opposé, sur l’amont du bassin versant de la Charentonne, ici à la Trinité-de-Réville mais aussi sur le Guiel à Montreuil-l’Argillé ou encore sur l’Ure à Bourg-st-Léonard, les valeurs de débit sont en baisse quasi-continue depuis une longue période et affichent des valeurs inférieures aux normales de saison. La pluviométrie de février n’ayant pas été suffisante pour enrayer ce phénomène. Enfin, en situation intermédiaire, la plus courante sur ce secteur hydrogéologique et représentée ici par la Dives à Saint-Lambert-sur-Dives, les valeurs de débit sont rapidement revenues à des valeurs proches des normales après janvier 2025 voire même descendu en-dessous des normales durant l’automne et le début d’hiver 2025 - 2026. Mais sur ces cours d’eau, le mois de février a permis une nette amélioration et on observe à nouveau des débits proches des normales.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Massif armoricain

Sur ce secteur de la Normandie, comme pour le bassin parisien du sud de la Seine, les profils des cours d’eau ci-dessous sont assez similaires. En effet, sur les trois hydrogrammes on observe une augmentation très forte des valeurs de débit qui dépassent alors largement les valeurs de saison. Puis sur le mois de mars, avec l’arrêt des précipitations, les débits repartent à la baisse. Toutefois, suivant les cours d’eau, on observe que la résultante de ces phénomène est différente. Tout d’abord sur le Thar à Jullouville, les débits restent bien au-dessus de la médiane et des valeurs inter-annuelles, ils sont également supérieurs à ceux de mars 2025. Alors que sur l’Odon à Epinay-sur-Odon et sur la Mayenne à Madré, à la fin du mois de mars les débits sont revenus à des valeurs conformes aux normales de saison et relativement similaires à celles de mars 2025.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Glossaire

Année hydrologique : période continue de douze mois choisie de façon à minimiser les reports hydrologiques d’une année sur l’autre. Elle débute à une date de l’année où les réserves sont au plus bas et est donc choisie en fonction des conditions climatiques de chaque région. En Normandie, celle-ci débute par convention au 1er septembre.

Évapotranspiration : quantité d’eau évaporée (à la surface du sol et des étendues d’eau) et transpirée par les plantes. Elle peut être potentielle (quantité d’eau potentiellement mis en jeu) ou réelle (quantité d’eau effectivement évapotranspirée).

Pluies efficaces : les pluies (ou précipitations) efficaces sont égales à la différence entre les précipitations totales et l’évapotranspiration réelle. Ces précipitations sont soit stockées, soit infiltrées (recharge des nappes) soit ruisselées.

Niveau piézométrique (ou par raccourci piézométrie): altitude ou profondeur (par rapport au sol) de la surface de la nappe souterraine.

Recharge des nappes: période/phénomène d’augmentation des niveaux des eaux souterraines. On parle régulièrement de recharge hivernale.

Vidange des nappes: période/phénomène de baisse des niveaux des eaux souterraines. On parle régulièrement de vidange estivale.

Débit de base / VCN3 / Q3Jn : il s’agit du débit du cours d’eau en l’absence de ruissellement consécutif à de récentes précipitations. La grandeur choisie pour le quantifier est le VCN3, débit moyen minimal calculé sur trois jours consécutifs pour une période donnée (mensuelle pour ce bulletin)

Hydraulicité : rapport du débit moyen sur une période donnée (mensuelle ou annuelle) à sa moyenne interannuelle sur cette même période. Elle permet de positionner simplement le débit d’une année ou d’un mois donné par rapport à l’année normale ou au mois normal.

Médiane : pour un échantillon de valeurs ordonnées, la médiane correspond à la valeur qui se trouve au point milieu de cette liste, permettant de couper l’ensemble des valeurs en deux parties égales (50%) en nombre de valeurs. Elle diffère de la moyenne de ces valeurs.

Fréquence ou Période de retour : la fréquence (au dépassement) d’un événement est la probabilité que cet événement soit atteint ou dépassé chaque année. La période de retour (ou récurrence) est l’inverse de la fréquence. Exemple : une crue décennale a, chaque année, une chance sur dix d’être atteinte ou dépassée

Débit mensuel quinquennal humide (resp. sec) : pour un mois considéré, c’est le débit mensuel qui a une probabilité de 1/5 (resp. 4/5) d’être dépassé chaque année. Il permet de caractériser un mois calendaire de forte hydraulicité.

Débit de base quinquennal humide (resp. sec) : c’est le débit de base (Q3Jn) qui a une probabilité de 1/5 (resp. 4/5) d’être dépassé chaque année.

Tarissement d’une rivière: phénomène de décroissance régulière du débit en l’absence de précipitations et d’intervention humaine

Étiage : période de l’année hydrologique où le débit d’un cours d’eau est bas. Il s’établit par le tarissement progressif du cours d’eau peu ou pas entrecoupé de précipitations.