En janvier, les pluies ont été réparties de manière inégale à l’échelle du territoire. Si les précipitations ont été en moyenne proches des normales, elles ont été beaucoup plus soutenues sur le massif armoricain et le pays de Caux que sur le reste de la région. Avec un faible niveau d’évapotranspiration saisonnier, le bilan hydrique est partout positif et globalement autour des normales d’un mois de janvier. Les sols restent secs sur un large quart sud-est de la région, mais on observe une sensible amélioration de l’état d’humidité des sols sur le reste de la Normandie. Sur ce mois, la situation hydrologique est assez particulière et ne traduit pas au premier abord la pluviométrie plus importante observée sur ce mois. En effet, la période allant de fin décembre jusqu’à la première décade de janvier a été relativement sèche. C’est à cette période qu’a été la plupart du temps observé le plus faible débit de base retenu pour janvier. Ces débits de base sont donc en conséquence relativement faibles pour la saison, atteignant des occurrences rares à très rares sur une bonne partie de la région. Par contre, les débits moyens mensuels signent une réelle amélioration généralisé sur les cours d’eau normands, en réponse aux deux dernières décades beaucoup plus humides. Cependant, sur les cours d’eau du bassin parisien, notamment au sud de la Seine, les rivières affichent toujours des valeurs de débits inférieures aux normales saisonnières, avec un étiage qui peut être particulièrement tardif.
La Normandie est une région à l’interface entre les formations anciennes du massif armoricain sur son tiers ouest, dites du socle, et les formations sédimentaires plus récentes du bassin parisien sur les deux tiers est. Ces deux entités géologiques s’opposent par leurs caractéristiques physiques en lien avec leur âge et leur origine. Cette diversité géologique, additionnée d’un gradient climatique ouest-est et sud-nord se traduit naturellement par une diversité de comportements hydrologiques sur le territoire. La carte ci-dessous présente le territoire couvert par les unités d’hydrométrie de la DREAL Normandie, ainsi que les 4 zones utilisées pour commenter chaque mois la situation hydrologique dans différents secteurs normands. Ce zonage (massif armoricain, bassin parisien sud-Seine, bassin parisien nord-Seine, pays de Bray) a été construit de sorte à proposer une synthèse de la situation hydrologique représentative d’un ensemble de bassins versants dont le fonctionnement hydrologique est généralement assez homogène.
Carte lithologique au 1/1000000 ème et répartition des quatre grands ensembles hydrologiques. Survoler un des ensembles pour obtenir des informations sur son fonctionnement.
Les cartes ci-dessous sont produites par la DREAL à partir des données de la chaîne de modélisation SIM de Météo-France. Elles peuvent donc présenter de légères différences avec une analyse issue d’une autre donnée d’entrée produite par Météo-France.
Pour le mois de janvier, les pluies cumulées s’étendent entre 37 et 154 mm. A l’échelle de la région, cela correspond en moyenne à des écarts aux normales de 3 mm soit 2 %.
L’année 2026 débute avec une pluviométrie globalement modérée pour un mois de janvier, et une répartition très hétérogène des pluies à l’échelle régionale. Les plus forts cumuls ont été enregistrés dans la Manche, et plus largement sur le massif armoricain à l’ouest et l’ouest du pays de Caux tandis que le quart sud-est de la région et le pays de Bray souffrent à nouveau d’un déficit de précipitations. Les pluies sont principalement survenues au cours de la première et de la dernière décade, et plusieurs cumuls journaliers d’importance ont notamment été enregistrés lors du passage de la tempête Goretti du 9 janvier dans le Cotentin (27,9 mm à Bricquebec et 27,2 mm à Saint-Vaast-la-Hougue) et le pays de Caux (28 mm à Ectot-les-Baons et 22,8 mm à Sommesnil). Après deux mois successifs d’un déficit pluviométrique généralisé, les précipitations de ce mois de janvier se rapprochent enfin des valeurs de saison, sur une majeure partie de la région. La situation demeure toutefois contrastée entre bassin parisien et massif armoricain.
Les pluies efficaces, quant à elles, s’échelonnent entre 32 et 137 mm. A l’échelle de la région, cela correspond en moyenne à des écarts aux normales de 6 mm.
Avec une évapotranspiration saisonnière quasi-nulle, le bilan hydrique reste positif sur l’ensemble de la région, y compris sur les secteurs moins arrosés du sud-est de la région. La carte d’écart aux normales des pluies efficaces est donc sensiblement équivalente à celle des pluies mensuelles et présente une situation plutôt excédentaire sur le massif armoricain et proche des normales (à tendance déficitaire) sur une grande partie du bassin parisien et le pays de Bray.
Données de précipitations issues du modèle SIM de Meteo-France. Les cartes de gauche correspondent aux cumul estimés, alors que les cartes de droites correspondent à l’écart absolu (en mm) aux normales 1991-2020 sur la même période.
Sur les 12 derniers mois, les pluies cumulées s’étendent entre 451 et 985 mm. Cela correspond en moyenne régionale à des écarts aux normales de -188 mm soit -22 %.
Concernant les pluies cumulées sur les 12 derniers mois, la situation se dégrade significativement par rapport au mois précédent, y compris sur les secteurs les plus arrosés du Cotentin. Cette dégradation n’est pas à imputer à la pluviométrie de ce mois de janvier 2026 mais elle résulte de l’effacement du mois de janvier 2025 (qui avait été très fortement excédentaire) dans le calcul des 12 derniers mois.
En conséquence le déficit sur 12 mois glissants est désormais généralisé à la région, déficit localement très marqué sur le pays de Bray qui accumule depuis le mois d’août une succession de mois très secs (excepté octobre).
Les pluies efficaces, quant à elles, s’échelonnent entre 14 et 392 mm. Cela correspond en moyenne régionale à des écarts aux normales de -143 mm.
De même que pour les cumuls sur l’année commentés dans le paragraphe précédent, les cumuls de pluies efficaces sur 12 mois sont également fortement impactés par l’effacement du mois de janvier 2025. En effet, malgré un bilan hydrique positif sur toute la région en janvier 2026, les valeurs sur 12 mois sont en baisse et l’ensemble du territoire affiche désormais des cumuls inférieurs à 400 mm, et inférieurs à 200 mm sur le centre et l’est de la région. La carte des écarts aux normales ci-dessous présente un déficit hydrique généralisé à la région qui est représentatif de cette année 2025 largement dominée par des mois déficitaires en pluie et des températures supérieures aux normales durant la quasi-totalité de l’année.
Données de précipitations issues du modèle SIM de Meteo-France. Les cartes de gauche correspondent aux cumul estimés, alors que les cartes de droites correspondent à l’écart absolu (en mm) aux normales 1991-2020 sur la même période.
Le massif armoricain est le seul des quatre grands ensembles hydrologiques à présenter un excédent pluviométrique en janvier. Cependant ces excédents sont largement insuffisants pour infléchir la courbe d’écart aux normales des cumuls sur 12 mois (courbe verte) qui, amputée désormais des forts cumuls de janvier 2025, repart à la baisse. Cette courbe illustre une situation de déficit pluviométrique généralisé sur la Normandie qui perdure depuis le printemps dernier, et qui continue de se creuser à l’issue de ce mois assez modérément arrosé.
Le graphique ci-dessous permet également de mettre en évidence les forts écarts de précipitations entre l’année 2024 et 2025 sur les 4 grands ensembles géologiques de la région.
A la fin du mois, l’écart aux normales des précipitations annuelles (courbe verte) par ensemble hydrologique se distingue comme suit:
Anomalie de précipitation (en %) mensuelle et annuelle pour chaque secteur hydrologique. L’anomalie mensuelle est représentée sous forme de barres représentant le déficit (rouge) ou l’excédent (bleu) de pluie. L’écart absolu est également indiqué en survolant la barre. L’anomalie annuelle est représentée par la courbe continue verte, elle est calculée sur 12 mois glissants : la valeur pour un mois donné est calculée à partir des barres des 12 mois précédents.
En moyenne mensuelle, pour ce mois de janvier, l’indice d’humidité des sols est compris entre 0.53 et 1.09 avec une moyenne de 0.84. Les écarts aux normales s’étendent entre -37% et 4% pour une moyenne de -9%.
Les sols restent secs pour un mois de janvier et à des valeurs inférieures aux normales de saison sur un large quart sud-est de la région. Partout ailleurs les pluies de janvier (un peu plus soutenues sur l’ouest et le nord de la région) ont contribué à réhumidifier les sols qui reviennent ainsi à des niveaux proches des normales d’un mois de janvier.
Répartition de l’indice d’humidité des sols «SWI» (de l’anglais Soil Wetness Index). Il représente, sur une profondeur d’environ deux mètres, l’état de la réserve en eau du sol par rapport à la réserve utile (eau disponible pour l’alimentation des plantes). Si le SWI est égal à 0, le sol est très sec et les végétaux ne peuvent plus en tirer d’eau, tandis que si le SWI est égale à un le sol à atteint sa réserve utile. Le SWI peut être inférieur à 0 (stress hydrique) ou supérieur à 1 (dépasse la réserve utile).
Le débit de base des cours d’eau, est représenté par la variable Q3Jn mensuel. Par rapport au mois précédent, les débits de base évoluent en moyenne de:
-13% [-35%; 16%] pour le Massif armoricain avec une période de retour moyenne de 5 ans sec contre 2 ans humide le mois précédent;
-4% [-21%; 1%] pour le Bassin parisien sud-Seine avec une période de retour moyenne de 6 ans sec contre 3 ans sec le mois précédent;
-1% [-6%; 0%] pour le Bassin parisien nord-Seine avec une période de retour moyenne de 3 ans sec contre 2 ans sec le mois précédent;
-2% [-6%; 2%] pour le Pays de Bray avec une période de retour moyenne de 7 ans sec contre 3 ans sec le mois précédent.
En janvier 2026, et par rapport aux mois précédents, les précipitations sont donc plus proches des normales, voire légèrement supérieures dans le massif armoricain. Malgré tout, les débits de base restent stables voire en légère baisse par rapport au mois précédent (notamment sur le massif Armoricain). Ils sont atteints lors de la première semaine (avant la tempête Goretti) sur tous les cours d’eau de la région à l’exception de la Lézarde et Cailly amont. Ceci traduit ainsi une tendance généralisée à l’augmentation des débits de base sur le mois de janvier y compris sur les cours d’eau du pays de Caux (ce qui n’était pas encore le cas en décembre).
En termes de statistiques, les débits de base continuent de se dégrader sur les quatre secteurs hydrogéologiques. Sur ce mois de janvier, il est d’ailleurs à noter que la situation statistique est relativement homogène. En effet, sur les 4 entités, les valeurs moyennes sont comprises entre 3 ans secs et 7 ans secs. On notera que l’Aubette-de-Magny à Ambleville est la seule station à enregistrer un débit de base supérieur aux valeurs inter-annuelles (proche de la triennale humide). Toutes les autres stations de la région présentent des débits de base soit proches des normales soit inférieurs. Parmi les valeurs les plus exceptionnelles (inférieures à la vingtennale sèche), on peut retenir notamment :
pour le bassin parisien situé au sud de la Seine : l’Ure au Bourg-Saint-Léonard, l’Orne à la Courbe, la Sarthe à Saint-Céneri-le-Gérei, l’Iton à Bourth, la Charentonne à la Trinité-de-Réville et la Dives à Saint-Lambert-sur-Dives ;
pour le massif armoricain, nous pouvons citer : la Cance à Tanques, la Mayenne à Ambrières-les-Vallées et à Madré et la Rouvre à Ségrie-Fontaine .
Par ailleurs, pour toutes les stations citées ci-dessus, entre autres, les débits de base figurent tous parmi les valeurs les plus faibles jamais observés pour un mois de janvier (dans le top 5 des valeurs les plus sèches) et sur certaines stations, c’est également le cas malgré des chroniques d’observation de plus de 40 années : sur la Sarthe à Saint-Céneri-le-Gérei (4ème valeur sur 47 années), la Dives à Saint-Lambert-sur-Dive (3ème valeur sur 47 années), l’Ancre à Cricqueville-en-Auge (4ème valeur sur 56 années), le Guiel à Montreuil-l’Argillé (3ème valeur sur 48 années) et la Varenne à Domfront (5ème valeur sur 45 années).
Qualification statistique saisonnière du débit de base. Chaque point correspond à un site hydrométrique. Il est coloré en fonction de la rareté de la variable Q3Jn du mois en cours relativement aux statistiques de ce mois de l’année. Le survol avec la souris d’un site sur la carte à gauche permet de visualiser son nom et de repérer ce même site sur le graphique à droite, et inversement. Dans le graphique de droite, les sites sont regroupés au sein des 4 grands ensembles hydrogéologiques . Les sites de la Seulles à Tierceville, l’Orne à La Courbe, à Grimbosq, à Thury-Harcourt, la Laize à Fresney-le-Puceux, la Béthune à Saint-Aubin-le-Cauf, l’Epte à Fourges et l’Andelle à Vascoeuil présentent la particularité d’avoir leur bassin versant à cheval sur deux ensembles hydrologiques : ils ont été positionnés au sein d’un de ces deux ensembles, mais peuvent, de fait, présenter une situation hydrologique hydride. Enfin, certains sites identifiés comme focus (anneau noir) font l’objet de commentaires détaillés dans la section suivante.
Le débit moyen mensuel QMM est une variable qui intègre l’ensemble des écoulements mesurés sur le mois. Il est donc au moins supérieur ou égal au Q3Jn et sera d’autant plus élevé qu’il a beaucoup plu sur le mois considéré. Par rapport au mois précédent, les débits moyens mensuels évoluent en moyenne de:
62% [10%; 422%] pour le Massif armoricain avec une période de retour moyenne de 2 ans sec contre 3 ans sec le mois précédent;
48% [3%; 195%] pour le Bassin parisien sud-Seine avec une période de retour moyenne de 5 ans sec contre 6 ans sec le mois précédent;
6% [-8%; 26%] pour le Bassin parisien nord-Seine avec une période de retour moyenne de 3 ans sec contre 3 ans sec le mois précédent;
138% [81%; 176%] pour le Pays de Bray avec une période de retour moyenne de 3 ans sec contre 6 ans sec le mois précédent.
La situation de la région au regard des débits moyens mensuel, plus sensibles aux pluies récentes, est donc bien différente de celle des débits de base sur ce mois. En effet, pour cette variable, les valeurs sont en hausse sur les 4 secteurs hydrogéologiques. A l’échelle de la région, seules trois stations enregistrent une légère baisse de leur débit moyen mensuel, toutes trois situées sur le pays de Caux : le Cailly à Cailly (-8%) et à Fontaine le Bourg (-3%) et la Ganzeville à Ganzeville (-4%). Parmi les stations qui voient leur débit moyen mensuel augmenter, on citera nomment : l’Yères à Touffreville-sur-Eu sur le bassin parisien du nord de Seine dont le débit augment de près de 30 %. Au sud de la Seine, plusieurs stations voient leur débit multiplié par 2 voire par 3 par rapport au mois précédent. C’est le cas de l’Eure à Saint-Luperce, la Dives à Saint-Lambert-sur-Dives, la Sarthe à Saint-Céneri-le-Gérei, l’Orne à la Courbe et l’Ure au Bourg-Saint-Léonard. Sur le massif armoricain et le pays de Bray, qui enregistrent les plus importantes augmentations moyenne, nous pouvons retenir les stations de la Cance à Tanques qui voit son débit multiplié par 5 et les stations de Gournay-en-Bray et de Saumont-La-Poterie où l’Epte enregistre une augmentation respective de 150 % et 175%.
Concernant les statistiques, la situation s’améliore légèrement sur la région. Seul le bassin parisien sud-Seine affiche encore une période de retour moyenne largement sous les normales saisonnières. C’est sur ce secteur que l’on retrouve les stations avec les déficits les plus marqués. En effet, sur l’Ure à Bourg-st-Léonard et l’Iton à Bourth, le débit moyen mensuel observé en janvier2026 ne l’est qu’une fois tous les 20 ans en moyenne. Sur les trois autres secteurs, les stations présentent des valeurs de débit mensuels proches ou légèrement inférieures aux normales. Aucune station n’enregistre d’excédent sur ce mois.
Enfin, on notera, comme pour les débits de base, que pour certaines stations, le débit moyen de janvier 2026 est parmi le plus faibles observé pour un mois de janvier. C’est entre autres le cas pour l’Iton à Bourth (2ème valeur la plus faible sur 26 années), l’Ure au Bourg-Saint-Léonard (4ème valeur la plus faible sur 36 années), la Charentonne à la Trinité-de-Réville (2ème valeur la plus faible sur 24 années), la Dives à Saint-Lambert-sur-Dive (5ème valeur la plus faible sur 47 années), le Guiel à Montreuil-l’Argillé (4ème valeur la plus faible sur 48 années) et la Cance à Tanques (5ème valeur la plus faible sur 28 années).
Qualification statistique saisonnière du débit moyen mensuel. Chaque point correspond à un site hydrométrique. Il est coloré en fonction de la rareté de la variable QMM du mois en cours relativement aux statistiques de ce mois de l’année. Le survol avec la souris d’un site sur la carte à gauche permet de visualiser son nom et de repérer ce même site sur le graphique à droite, et inversement. Dans le graphique de droite, les sites sont regroupés au sein des 4 grands ensembles hydrogéologiques . Les sites de la Seulles à Tierceville, l’Orne à La Courbe, à Grimbosq, à Thury-Harcourt, la Laize à Fresney-le-Puceux, la Béthune à Saint-Aubin-le-Cauf, l’Epte à Fourges et l’Andelle à Vascoeuil présentent la particularité d’avoir leur bassin versant à cheval sur deux ensembles hydrologiques : ils ont été positionnés au sein d’un de ces deux ensembles, mais peuvent, de fait, présenter une situation hydrologique hydride. Enfin, certains sites identifiés comme focus (anneau noir) font l’objet de commentaires détaillés dans la section suivante.
On visualise bien sur le diagramme pluri-annuel ci-dessous:
l’étiage 2023 qui aura été marqué sur les cours d’eau du bassin parisien au sud de la Seine, du bassin de l’Eure jusqu’au bassin de la Dives, en passant par l’amont des bassins de l’Huisne et de la Sarthe.
les cours d’eau du Pays de Caux au nord de la Seine, du Pays de Bray et du massif armoricain qui ont globalement mieux résisté à l’étiage 2023
sur tous les cours d’eau normands, la rupture très marquée qui est survenue en novembre 2023, faisant basculer les débits des cours d’eau dans une situation plus humide que les normales. Sur une longue période d’un an et demi environ s’étendant jusqu’au printemps 2025, les débits des cours d’eau se sont maintenus le plus souvent au-dessus des normales saisonnières de façon quasi continue, avec deux hivers successifs particulièrement humides, un printemps 2024 arrosé ponctué de crues tardives et localement fortes et enfin un étiage 2024 très peu marqué entre les deux;
depuis la fin de l’hiver 2024-2025, on observe un glissement progressif vers une situation proche des normales sur le Pays de Bray et les autres cours d’eau du bassin parisien et à nouveau nettement sèche sur les cours d’eau du massif armoricain qui ont connu un étiage 2025 marqué sans être exceptionnel (moins marqué qu’en 2022). Ce mois de janvier marque une pause concernant l’amélioration des écoulements observés en fin d’année 2025 notamment sur le massif armoricain et le pays de Bray. Concernant les cours d’eau du bassin parisien au sud de la Seine, les débits continuent à se diriger vers des valeurs sèches de plus en plus rares.
Evolution mensuelle de la qualification statistique du débit de base (Q3Jn). Ce diagramme permet de visualiser pour l’ensemble des sites utilisés dans ce bulletin, mois par mois depuis 3 ans, la rareté du débit de base pour le mois considéré. Chaque site est représenté par une ligne à l’intérieur de laquelle chaque case correspond à un mois. La couleur de la case représente la période de retour du Q3Jn de ce site pour ce mois. Le nom du site et la date d’observation du Q3Jn de chaque mois est accessible en survolant le graphique, case par case. Analysé site par site, par grand ensemble hydrogéologique ou à l’échelle complète de la Normandie, ce diagramme donne à voir les grandes tendances hydrologiques sur une profondeur de 3 ans.
Les hydrogrammes présentés ci-après illustrent de façon plus détaillée la situation hydrologique de quelques cours d’eau dont les comportements sont jugés soit représentatifs ce mois-ci des 4 grandes ensembles hydrologiques de la région soit, au contraire, présentent un caractère singulier utile à commenter. Les stations identifiées en focus dans les cartes précédentes sont utilisées à cette fin. Les graphiques couvrent une période de 3 ans environ, permettant ainsi de suivre l’évolution des débits journaliers des derniers mois et de comparer d’une année à l’autre la situation pour une même saison.
Nous invitons le lecteur pour un suivi fin et sur de plus longues périodes, à se référer à la plateforme de suivi de la situation hydrologique normande, ou encore directement sur l’HydroPortail.
Sur ce secteur, l’hydrogramme ci-dessous est vraiment représentatif du contraste observé sur les stations représentant les écoulements du pays de Bray. En effet, en début de mois, on peut facilement observer que le débit de base “décroche” par rapport aux normales de saison et atteint une valeur proche de celle observée en moyenne une fois tous les dix ans. Toutefois, sur le reste de du mois, les débits augmentent notablement grâce aux précipitations plus conséquentes observées sur ce mois (mais toujours inférieures aux normales). Cette augmentation permet à l’Epte à Gournay de retrouver un débit mensuel proche des normales.
Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.
Sur le Nord de la seine, on retrouve deux situations bien différentes. Tout d’abord, sur les rivières du nord de la Seine-Maritime, illustrées ici par la Bresle à Ponts-et-Marais, les débits sont en augmentation sur ce mois comme pou la majorité des stations de ce secteur. Toutefois, ils restent très souvent inférieurs aux normales et le débit de base se situe entre la quinquennale et la décennale sèche. Pour le moment, sur cette station, la recharge hivernale n’est pas suffisante pour rattraper les déficits de l’année 2025.
Autre cas de figure, sur le Cailly amont à Cailly, la forme de l’hydrogramme est bien différente de celui de la Bresle. En effet, sur ce cours d’eau, représentant les écoulements classiques du pays de Caux, on observe une baisse continue du débit depuis le mois de février 2025, soit quasiment sur une année complète. La station de Cailly est une des trois stations de ce secteur à ne pas avoir encore atteint son étiage, en janvier. Malgré cette baisse continue, on remarque également que le débit de base reste proche des valeurs de saison. On notera tout de même que sur plusieurs stations du pays de Caux, les débits de base sont désormais inférieurs aux normales (Austreberthe, Saâne et Andelle aval notamment) et il faudra certainement une fin d’hiver très pluvieuse pour enrayer cette tendance.
Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.
Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.
Ce secteur hydrogéologique est assez nettement le plus “sec” de la Normandie. En effet, c’est sur cette zone que nous retrouvons les stations affichant les débits de base les plus rares avec une période de retour moyenne sur les débits mensuels la plus faible (5 ans sec). Illustré ici par les stations de l’Ure à Bourg-St-Léonard et de l’Iton amont à Bourth, on observe très clairement depuis le mois d’octobre une absence de reprise des écoulements. Cela se traduit par une impression d’allongement de l’étiage, et a fortiori une dégradation des statistiques. Pour ces deux stations, les débits de base du mois de janvier figurent parmi les plus faibles jamais observés à cette période de l’année. En termes de périodes de retour, ces débits de base pour un mois de janvier sont observés moins d’une fois tous les 20 ans en moyenne.
Autre cas de figure, sur l’Ancre à Criqueville-en-Auge, la dynamique des débits est relativement identique à celles des deux autres stations citées ci-dessus. Toutefois, le “décrochage” des débits est relativement plus tardif et ne se fait sentir qu’à partir du mois de décembre. Ce constat est certainement lié à des précipitations plus prononcées sur ce secteur lors des mois d’octobre et novembre.
Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.
Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.
Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.
Sur ce dernier secteur, la dynamique des cours d’eau est relativement homogène. En effet, l’étiage a pris fin au cours du mois d’octobre. Depuis, les débits sont en hausse. Toutefois, sur les trois hydrogrammes ci-dessous, on observe bien que les plus faibles débits de base sont atteints au début de janvier et sont souvent en baisse par rapport aux observations de décembre. Cela traduit bien la temporalité des pluies du mois (tempête Goretti). On notera tout de même quelques différences entre ces stations. Sur plusieurs d’entre elles, représentées ici par la Varenne à Domfront, souvent situées au sud du massif Armoricain, les débits de base observés sont très faibles pour un mois de janvier (inférieur à la décennale sèche, voire la vicennale sèche), traduisant des précipitations inférieures aux normales. Sur les stations situées plus au centre et au nord de la Manche (illustrées ici par le Trottebec à la Glacerie et la Vire à St-Lô), les débits avaient retrouvé des valeurs de saison lors des mois de novembre et décembre dernier. Les précipitations plus faibles de la fin décembre et début janvier ont entraîné là aussi une baisse débits, atteignant des valeurs tout juste conformes aux normales ou inférieures. On retiendra toutefois que sur les deux dernières décades du mois, des augmentations significatives de débits sont observées.
Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.
Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.
Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.
Année hydrologique : période continue de douze mois choisie de façon à minimiser les reports hydrologiques d’une année sur l’autre. Elle débute à une date de l’année où les réserves sont au plus bas et est donc choisie en fonction des conditions climatiques de chaque région. En Normandie, celle-ci débute par convention au 1er septembre.
Évapotranspiration : quantité d’eau évaporée (à la surface du sol et des étendues d’eau) et transpirée par les plantes. Elle peut être potentielle (quantité d’eau potentiellement mis en jeu) ou réelle (quantité d’eau effectivement évapotranspirée).
Pluies efficaces : les pluies (ou précipitations) efficaces sont égales à la différence entre les précipitations totales et l’évapotranspiration réelle. Ces précipitations sont soit stockées, soit infiltrées (recharge des nappes) soit ruisselées.
Niveau piézométrique (ou par raccourci piézométrie): altitude ou profondeur (par rapport au sol) de la surface de la nappe souterraine.
Recharge des nappes: période/phénomène d’augmentation des niveaux des eaux souterraines. On parle régulièrement de recharge hivernale.
Vidange des nappes: période/phénomène de baisse des niveaux des eaux souterraines. On parle régulièrement de vidange estivale.
Débit de base / VCN3 / Q3Jn : il s’agit du débit du cours d’eau en l’absence de ruissellement consécutif à de récentes précipitations. La grandeur choisie pour le quantifier est le VCN3, débit moyen minimal calculé sur trois jours consécutifs pour une période donnée (mensuelle pour ce bulletin)
Hydraulicité : rapport du débit moyen sur une période donnée (mensuelle ou annuelle) à sa moyenne interannuelle sur cette même période. Elle permet de positionner simplement le débit d’une année ou d’un mois donné par rapport à l’année normale ou au mois normal.
Médiane : pour un échantillon de valeurs ordonnées, la médiane correspond à la valeur qui se trouve au point milieu de cette liste, permettant de couper l’ensemble des valeurs en deux parties égales (50%) en nombre de valeurs. Elle diffère de la moyenne de ces valeurs.
Fréquence ou Période de retour : la fréquence (au dépassement) d’un événement est la probabilité que cet événement soit atteint ou dépassé chaque année. La période de retour (ou récurrence) est l’inverse de la fréquence. Exemple : une crue décennale a, chaque année, une chance sur dix d’être atteinte ou dépassée
Débit mensuel quinquennal humide (resp. sec) : pour un mois considéré, c’est le débit mensuel qui a une probabilité de 1/5 (resp. 4/5) d’être dépassé chaque année. Il permet de caractériser un mois calendaire de forte hydraulicité.
Débit de base quinquennal humide (resp. sec) : c’est le débit de base (Q3Jn) qui a une probabilité de 1/5 (resp. 4/5) d’être dépassé chaque année.
Tarissement d’une rivière: phénomène de décroissance régulière du débit en l’absence de précipitations et d’intervention humaine
Étiage : période de l’année hydrologique où le débit d’un cours d’eau est bas. Il s’établit par le tarissement progressif du cours d’eau peu ou pas entrecoupé de précipitations.