Résumé du mois

Le mois de décembre est marqué par des précipitations faibles et bien inférieures aux normales sur la région. Ce mois clôture ainsi une année 2025 sèche dans son ensemble avec seulement deux mois (janvier et juillet) avec un excédent pluviométrique. Globalement, sur l’année, la région enregistre donc un déficit relativement marqué et généralisé que ce soit sur les cumuls totaux ou sur les pluies efficaces. Par ailleurs, concernant l’humidité des sols, l’ouest de la région présente des sols avec une humidité tout juste conforme aux normales alors que sur l’est, les valeurs sont nettement plus sèches.

Ce début d’hiver hydrologique (novembre et décembre) peu arrosé a pour conséquence principale une fin d’étiage “poussive”, voire encore attendue sur le Pays de Caux, sur les cours d’eau de l’est de la région. Les débits observés en cette fin d’année n’y sont souvent pas très éloignés de ceux observés cet été. Les pluies des prochains mois (janvier, février, mars) seront déterminantes pour la suite de la saison hydrologique. A l’ouest, sur le massif armoricain, la sortie d’étiage a bien eu lieu, ramenant les débits de la plupart des cours d’eau près des normales de début d’hiver.

Une aide à la lecture de l’hydrologie normande

La Normandie est une région à l’interface entre les formations anciennes du massif armoricain sur son tiers ouest, dites du socle, et les formations sédimentaires plus récentes du bassin parisien sur les deux tiers est. Ces deux entités géologiques s’opposent par leurs caractéristiques physiques en lien avec leur âge et leur origine. Cette diversité géologique, additionnée d’un gradient climatique ouest-est et sud-nord se traduit naturellement par une diversité de comportements hydrologiques sur le territoire. La carte ci-dessous présente le territoire couvert par les unités d’hydrométrie de la DREAL Normandie, ainsi que les 4 zones utilisées pour commenter chaque mois la situation hydrologique dans différents secteurs normands. Ce zonage (massif armoricain, bassin parisien sud-Seine, bassin parisien nord-Seine, pays de Bray) a été construit de sorte à proposer une synthèse de la situation hydrologique représentative d’un ensemble de bassins versants dont le fonctionnement hydrologique est généralement assez homogène.

Carte lithologique au 1/1000000 ème et répartition des quatre grands ensembles hydrologiques. Survoler un des ensembles pour obtenir des informations sur son fonctionnement.

Précipitations, pluies efficaces, humidité des sols et écart aux normales

Les cartes ci-dessous sont produites par la DREAL à partir des données de la chaîne de modélisation SIM de Météo-France. Elles peuvent donc présenter de légères différences avec une analyse issue d’une autre donnée d’entrée produite par Météo-France.

Sur 1 mois

Pour le mois de décembre, les pluies cumulées s’étendent entre 21 et 98 mm. A l’échelle de la région, cela correspond en moyenne à des écarts aux normales de -54 mm soit -53 %.

Ce mois de décembre s’inscrit dans la suite des mois précédents et a été encore très sec à l’échelle de la région par rapport aux normales. En effet, les cumuls de décembre restent relativement faibles et présentent un déficit conséquent par rapport aux valeurs références de ce mois. C’est sur la seine-Maritime que le déficit est le plus important avec un écart aux normales compris entre 75 mm et 100 mm. Sur le reste de la région celui-ci est compris entre 25 mm et 75 mm. Au cours de ce mois, c’est la première décade qui a été la plus arrosée, mais on notera qu’aucun cumul journalier de plus de 20 mm n’a été observé sur la région.

Les pluies efficaces, quant à elles, s’échelonnent entre 12 et 84 mm. A l’échelle de la région, cela correspond en moyenne à des écarts aux normales de -50 mm.

Ces cumuls mensuels sont faibles pour un mois de décembre. Le niveau d’évapotranspiration quasi-nul en cette saison permet toutefois de maintenir un bilan hydrique faible mais positif. Celui-ci reste cependant bien inférieur aux normales d’un mois de décembre sur la totalité de la région.

*Données de précipitations issues du modèle SIM de Meteo-France. Les cartes de gauche correspondent aux cumul estimés, alors que les cartes de droites correspondent à l'écart absolu (en mm)  aux normales 1991-2020 sur la même période.*

Données de précipitations issues du modèle SIM de Meteo-France. Les cartes de gauche correspondent aux cumul estimés, alors que les cartes de droites correspondent à l’écart absolu (en mm) aux normales 1991-2020 sur la même période.

Sur 12 mois

Sur les 12 derniers mois, les pluies cumulées s’étendent entre 516 et 1033 mm. Cela correspond en moyenne régionale à des écarts aux normales de -113 mm soit -13 %.

Pour cet indicateur de pluies cumulées sur les 12 derniers mois, la situation évolue peu par rapport au mois précédent et par rapport aux normales. Le déficit pluviométrique observé continue de se creuser lentement. En effet, les faibles précipitations de décembre accentuent très légèrement un déficit débuté en février 2025. C’est sur le pays de Bray et l’extrême nord du Cotentin que ce déficit annuel est le plus marqué. Seul le secteur de l’Eure amont affiche encore des précipitations cumulées sur un an conformes aux normales.

Les pluies efficaces, quant à elles, s’échelonnent entre 74 et 432 mm. Cela correspond en moyenne régionale à des écarts aux normales de -70 mm.

Les cumuls de pluies efficaces sur un an restent presque partout inférieurs à 400 mm à l’exception très localement de quelques zones toutes situées dans le centre de la Manche. Par sa faible pluviométrie, le mois de décembre contribue à maintenir la région dans une situation de déficit quasi généralisé sur l’année écoulée, à l’exception de l’amont du bassin de l’Eure et des côtes calvadosiennes.

*Données de précipitations issues du modèle SIM de Meteo-France. Les cartes de gauche correspondent aux cumul estimés, alors que les cartes de droites correspondent à l'écart absolu (en mm)  aux normales 1991-2020 sur la même période.*

Données de précipitations issues du modèle SIM de Meteo-France. Les cartes de gauche correspondent aux cumul estimés, alors que les cartes de droites correspondent à l’écart absolu (en mm) aux normales 1991-2020 sur la même période.

Chronologie par ensemble hydrologique

Le mois de décembre présente un déficit généralisé sur les quatre grandes zones hydrogéologiques de la région. Sur l’année 2025, c’est le 7ème mois à présenter un tel déficit à l’échelle régionale.

Les courbes d’écart aux normales (courbes vertes) évoluent peu, mais on observe toutefois un léger accroissement du déficit quasi tout au long de l’année 2025 à l’exception des mois de juin et juillet. En effet, sur l’année civile, seuls les mois de janvier et juillet présentent un excédent marqué et généralisé.

A la fin du mois, l’écart aux normales des précipitations annuelles (courbe verte) par ensemble hydrologique se distingue comme suit:

  • -10 % pour le Massif armoricain;
  • -13 % pour le Bassin parisien sud-Seine;
  • -17 % pour le Bassin parisien nord-Seine;
  • -23 % pour le Pays de Bray.

Anomalie de précipitation (en %) mensuelle et annuelle pour chaque secteur hydrologique. L’anomalie mensuelle est représentée sous forme de barres représentant le déficit (rouge) ou l’excédent (bleu) de pluie. L’écart absolu est également indiqué en survolant la barre. L’anomalie annuelle est représentée par la courbe continue verte, elle est calculée sur 12 mois glissants : la valeur pour un mois donné est calculée à partir des barres des 12 mois précédents.

Humidité du sol

En moyenne mensuelle, pour ce mois de décembre, l’indice d’humidité des sols est compris entre 0.46 et 1.07 avec une moyenne de 0.75. Les écarts aux normales s’étendent entre -36% et 6% pour une moyenne de -12%.

Les sols de la région restent globalement légèrement secs à l’échelle de la Normandie. Concernant le rapport aux normales, on observe un gradient est / ouest assez marqué avec des valeurs inférieures aux normales sur la partie est de la Normandie. À l’ouest, les quelques précipitations du début de la dernière décade permettent aux sols de ce secteur de conserver une humidité proche de la normale.
*Répartition de l’indice d’humidité des sols «SWI» (de l’anglais Soil Wetness Index). Il représente, sur une profondeur d’environ deux mètres, l’état de la réserve en eau du sol par rapport à la réserve utile (eau disponible pour l’alimentation des plantes). Si le SWI est égal à 0, le sol est très sec et les végétaux ne peuvent plus en tirer d’eau, tandis que si le SWI est égale à un le sol à atteint sa réserve utile. Le SWI peut être inférieur à 0 (stress hydrique) ou supérieur à 1 (dépasse la réserve utile).*

Répartition de l’indice d’humidité des sols «SWI» (de l’anglais Soil Wetness Index). Il représente, sur une profondeur d’environ deux mètres, l’état de la réserve en eau du sol par rapport à la réserve utile (eau disponible pour l’alimentation des plantes). Si le SWI est égal à 0, le sol est très sec et les végétaux ne peuvent plus en tirer d’eau, tandis que si le SWI est égale à un le sol à atteint sa réserve utile. Le SWI peut être inférieur à 0 (stress hydrique) ou supérieur à 1 (dépasse la réserve utile).

Situation hydrologique

Cartographie et distribution statistique sur la région

Carte des débits de base (Q3Jn)

Le débit de base des cours d’eau, est représenté par la variable Q3Jn mensuel. Par rapport au mois précédent, les débits de base évoluent en moyenne de:

  • 0% [-11%; 23%] pour le Bassin parisien nord-Seine avec une période de retour moyenne de 2 ans sec contre 2 ans humide le mois précédent;

  • 18% [-13%; 113%] pour le Bassin parisien sud-Seine avec une période de retour moyenne de 3 ans sec contre 2 ans sec le mois précédent;

  • 62% [31%; 77%] pour le Pays de Bray avec une période de retour moyenne de 3 ans sec contre 3 ans sec le mois précédent;

  • 128% [1%; 286%] pour le Massif armoricain avec une période de retour moyenne de 2 ans humide contre 2 ans sec le mois précédent.

Dans ce contexte de pluviométrie mensuelle faible et plutôt réparti sur la première partie du mois, les débits de base sont atteints fin décembre sur la majorité des cours d’eau normands. Seules quelques stations, notamment dans le Cotentin, sur les bassins de la Sélune, de l’Orne amont et de l’Eure amont, les atteignent en début de période. À l’exception de certains cours d’eau cauchois très inertiels, pour lesquels la baisse des débits de base se prolonge en décembre, la majorité des rivières normandes présente des débits de base en augmentation, témoignant malgré un contexte hivernal sec, d’une certaine recharge des nappes.

Toutefois des différences significatives apparaissent entre les cours d’eau du bassin parisien et ceux du massif armoricain plus arrosés en décembre et qui enregistrent une hausse des débits de base sur l’ensemble des stations. Pour près de la moitié d’entre elles, les débits de base ont au minimum doublé par rapport au mois précédent. Cette dynamique se traduit par une amélioration sensible de la situation statistique sur le massif armoricain qui affiche désormais des valeurs comprises entre normale et triennale humide.

À l’inverse, sur le bassin parisien, les débits de base évoluent peu et seul un tiers des stations principalement situées dans le secteur sud-Seine enregistrent des valeurs en hausse. Les déficits sont marqués dans le centre et le sud de la région où bon nombre de cours d’eau (La Mayenne, la Sarthe, la Même, la Cance, la Rouvre, l’Ure, la Dives, l’Avre, l’Iton, le Guiel, la Charentonne) peinent à rentrer dans l’hiver hydrologique. Sur ce secteur géologique la situation statistique se dégrade sensiblement par rapport au mois dernier et plus d’un tiers des stations bascule dans une situation sèche, supérieure à la triennale séche. Sur le secteur nord-Seine très déficitaire en pluie, une moitié des cours d’eau affiche des valeurs en baisse mais la situation statistique se maintient globalement autour des normales de saison.

Qualification statistique saisonnière du débit de base. Chaque point correspond à un site hydrométrique. Il est coloré en fonction de la rareté de la variable Q3Jn du mois en cours relativement aux statistiques de ce mois de l’année. Le survol avec la souris d’un site sur la carte à gauche permet de visualiser son nom et de repérer ce même site sur le graphique à droite, et inversement. Dans le graphique de droite, les sites sont regroupés au sein des 4 grands ensembles hydrogéologiques . Les sites de la Seulles à Tierceville, l’Orne à La Courbe, à Grimbosq, à Thury-Harcourt, la Laize à Fresney-le-Puceux, la Béthune à Saint-Aubin-le-Cauf, l’Epte à Fourges et l’Andelle à Vascoeuil présentent la particularité d’avoir leur bassin versant à cheval sur deux ensembles hydrologiques : ils ont été positionnés au sein d’un de ces deux ensembles, mais peuvent, de fait, présenter une situation hydrologique hydride. Enfin, certains sites identifiés comme focus (anneau noir) font l’objet de commentaires détaillés dans la section suivante.

Carte des débits moyens mensuels (QMM)

Le débit moyen mensuel QMM est une variable qui intègre l’ensemble des écoulements mesurés sur le mois. Il est donc au moins supérieur ou égal au Q3Jn et sera d’autant plus élevé qu’il a beaucoup plu sur le mois considéré. Par rapport au mois précédent, les débits moyens mensuels évoluent en moyenne de:

  • -1% [-10%; 11%] pour le Bassin parisien nord-Seine avec une période de retour moyenne de 3 ans sec contre 2 ans sec le mois précédent;

  • 18% [-9%; 106%] pour le Bassin parisien sud-Seine avec une période de retour moyenne de 6 ans sec contre 3 ans sec le mois précédent;

  • 37% [13%; 65%] pour le Pays de Bray avec une période de retour moyenne de 6 ans sec contre 4 ans sec le mois précédent;

  • 104% [19%; 353%] pour le Massif armoricain avec une période de retour moyenne de 3 ans sec contre 3 ans sec le mois précédent.

Les débits moyens mensuels sont en hausse sur la quasi-totalité des cours d’eau normands, avec une reprise des écoulements plus marquée sur le massif armoricain que sur les autres secteurs géologiques. Toutefois, cette dynamique reste insuffisante au regard des normales saisonnières pour compenser les déficits accumulés ces derniers mois, qui sont particulièrement marqués sur le pays de Bray et le bassin parisien sud-seine. En effet sur ces secteurs, la quasi totalité des stations affiche une fréquence de retour à minima triennale sèche, voire décennale sèche pour un tiers d’entre elles.

De façon encore plus marquée que pour les débits de base, le centre et le sud de la Normandie présentent une situation fortement déficitaire pour un mois de décembre. Sur ce secteur sud-Seine, qui couvre également la zone de transition entre bassin parisien et massif armoricain, bon nombre de cours d’eau basculent à des valeurs très sèches. C’est le cas notamment de la Cance à Tanques, l’Ure au Bourg-Saint-Léonard et l’Huisne à Réveillon qui affichent des valeurs vingtennale sèche.

On pourra noter également que plusieurs stations enregistrent des débits mensuels figurant parmi les plus faibles observés pour un mois de décembre depuis le début des enregistrements : l’Huisne à Réveillon (mois de décembre le plus sec en 29 ans), de la Touques à Mardilly (3ᵉ plus sec en 28 ans), de la Même à Souvigné-sur-Même (3ᵉ en 17 ans), de l’Orne à la Courbe (3ᵉ en 26 ans), de l’Iton à Bourth (3ᵉ en 26 ans), de l’Ure au Bourg-Saint-Léonard (3ᵉ en 30 ans) et de L’Andelle à Rouvray-Catillon (4ᵉ en 36 ans).

Qualification statistique saisonnière du débit moyen mensuel. Chaque point correspond à un site hydrométrique. Il est coloré en fonction de la rareté de la variable QMM du mois en cours relativement aux statistiques de ce mois de l’année. Le survol avec la souris d’un site sur la carte à gauche permet de visualiser son nom et de repérer ce même site sur le graphique à droite, et inversement. Dans le graphique de droite, les sites sont regroupés au sein des 4 grands ensembles hydrogéologiques . Les sites de la Seulles à Tierceville, l’Orne à La Courbe, à Grimbosq, à Thury-Harcourt, la Laize à Fresney-le-Puceux, la Béthune à Saint-Aubin-le-Cauf, l’Epte à Fourges et l’Andelle à Vascoeuil présentent la particularité d’avoir leur bassin versant à cheval sur deux ensembles hydrologiques : ils ont été positionnés au sein d’un de ces deux ensembles, mais peuvent, de fait, présenter une situation hydrologique hydride. Enfin, certains sites identifiés comme focus (anneau noir) font l’objet de commentaires détaillés dans la section suivante.

Evolution pluri-annuelle

On visualise bien sur le diagramme pluri-annuel ci-dessous:

  • l’étiage 2023 qui aura été marqué sur les cours d’eau du bassin parisien au sud de la Seine, du bassin de l’Eure jusqu’au bassin de la Dives, en passant par l’amont des bassins de l’Huisne et de la Sarthe.

  • les cours d’eau du Pays de Caux au nord de la Seine, du Pays de Bray et du massif armoricain qui ont globalement mieux résisté à l’étiage 2023

  • sur tous les cours d’eau normands, la rupture très marquée qui est survenue en novembre 2023, faisant basculer les débits des cours d’eau dans une situation plus humide que les normales. Sur une longue période d’un an et demi environ s’étendant jusqu’au printemps 2025, les débits des cours d’eau se sont maintenus le plus souvent au-dessus des normales saisonnières de façon quasi continue, avec deux hivers successifs particulièrement humides, un printemps 2024 arrosé ponctué de crues tardives et localement fortes et enfin un étiage 2024 très peu marqué entre les deux;

  • depuis la fin de l’hiver 2024-2025, on observe un glissement progressif vers une situation proche des normales sur le Pays de Bray et les autres cours d’eau du bassin parisien et à nouveau nettement sèche sur les cours d’eau du massif armoricain qui ont connu un étiage 2025 marqué sans être exceptionnel (moins marqué qu’en 2022). Les mois de novembre et décembre 2025 marquent un retour de ces cours d’eau armoricains vers des valeurs globalement plus proches des normales de saison, tandis que les cours d’eau du bassin parisien au sud de la Seine progressent vers une situation globalement sèche pour une fin d’année.

Evolution mensuelle de la qualification statistique du débit de base (Q3Jn). Ce diagramme permet de visualiser pour l’ensemble des sites utilisés dans ce bulletin, mois par mois depuis 3 ans, la rareté du débit de base pour le mois considéré. Chaque site est représenté par une ligne à l’intérieur de laquelle chaque case correspond à un mois. La couleur de la case représente la période de retour du Q3Jn de ce site pour ce mois. Le nom du site et la date d’observation du Q3Jn de chaque mois est accessible en survolant le graphique, case par case. Analysé site par site, par grand ensemble hydrogéologique ou à l’échelle complète de la Normandie, ce diagramme donne à voir les grandes tendances hydrologiques sur une profondeur de 3 ans.

Dynamique hydrologique sur l’année et sur le mois : focus sur quelques sites

Les hydrogrammes présentés ci-après illustrent de façon plus détaillée la situation hydrologique de quelques cours d’eau dont les comportements sont jugés soit représentatifs ce mois-ci des 4 grandes ensembles hydrologiques de la région soit, au contraire, présentent un caractère singulier utile à commenter. Les stations identifiées en focus dans les cartes précédentes sont utilisées à cette fin. Les graphiques couvrent une période de 3 ans environ, permettant ainsi de suivre l’évolution des débits journaliers des derniers mois et de comparer d’une année à l’autre la situation pour une même saison.

Nous invitons le lecteur pour un suivi fin et sur de plus longues périodes, à se référer à la plateforme de suivi de la situation hydrologique normande, ou encore directement sur l’HydroPortail.

Pays de Bray

Dans la continuité du novembre, le début de l’hiver hydrologique est très “timide” sur les cours d’eau du Pays de Bray. Réputés réactifs aux pluies, les hausses de débits y sont généralement nettes à la fin de l’automne et au début de l’hiver, consécutivement aux premiers épisodes pluvieux soutenus. Si les hausses sont bien visibles sur les hydrogrammes - ici sur l’Epte amont à Saumont-la-Poterie - elles sont modérées et inférieures aux augmentations observées normalement en fin d’année : l’hydrogramme reste logiquement sous la courbe médiane verte. Des précipitations bien plus conséquentes seront nécessaires dans les mois à venir pour confirmer cette légère augmentation et retrouver des débits proches des normales.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Bassin parisien nord-Seine

Sur les cours d’eau du Pays de Caux, les pluies faibles de novembre et décembre renforcent encore plus leur tendance naturelle à répercuter lentement les effets des premières pluies automnales sur les débits . Les pluies n’entraînent pour le moment que des réactions modérées et surtout très temporaires sur ces cours d’eau. On le voit très bien sur l’hydrogramme de la Ganzeville : une fois l’effet de ces pluies passé, la tendance repart à la baisse (baisse entamée au mois de juin sur ce cours d’eau). Sur toutes les stations de ce secteur, les débits sont ainsi en train de franchir à la baisse la courbe médiane: sauf pluies conséquentes d’ici la fin de l’hiver, ces cours d’eau pourraient bientôt se retrouver durablement en situation plus sèche que les normales.

Au nord du Pays de Caux, l’Yères et la Bresle se distinguent comme souvent par une réactivité plus forte aux pluies récentes que leurs voisins cauchois : les débits y remontent depuis octobre. Toutefois, on le voit bien sur l’hydrogramme de l’Yères, ces hausses sont modérées et inférieures à celles usuellement observées en fin d’année, conséquence directe des déficits de pluies de novembre et décembre.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Bassin parisien sud-Seine

Sur les cours d’eau du bassin parisien au sud de la Seine, la tendance générale est à un début d’hiver hydrologique très timide. C’est un statu quo par rapport à novembre : la tendance générale est à une légère hausse des débits mais cette hausse ne permet pas pour le moment à une majorité de cours d’eau de ce secteur d’indiquer avec certitude une sortie de l’étiage.

On le voit clairement sur les hydrogrammes de la Charentonne et de la Dives amont ci-dessous : depuis octobre, les réactions aux pluies sont visibles mais ne sont pas suivies d’une hausse claire des débits qui, une fois les pluies passées, retombent à des valeurs proches des débits de cet été. Les hydrogrammes s’éloignent progressivement des courbes médianes qui, elles, augmentent assez nettement depuis novembre. On peut constater également sur les deux hydrogrammes que les débits observés en décembre 2025 ne sont pas beaucoup plus élevés que ceux observés il y a trois ans, en décembre 2022, et qui avaient auguré l’étiage 2023 sévère sur ce secteur de la Normandie.

L’Eure à Charpont fait partie des rares stations qui font exception sur ce secteur à cette difficulté à sortir clairement de l’étiage: les débits y sont supérieurs aux normales et la tendance à la hausse y est plus nette (mais plus lente toutefois que la courbe médiane).

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Massif armoricain

Pas d’ambiguïté sur le dernier secteur normand, le plus à l’ouest et globalement le plus réactif aux pluies : depuis octobre, les débits ont nettement “décollé” permettant aux cours d’eau une sortie franche de l’étiage. Celui-ci aura été relativement marqué mais sans l’être autant qu’en 2022.

Cette hausse a été particulièrement nette au centre de ce secteur armoricain : dans le centre-sud de la Manche et l’ouest du Calvados, sur le Noireau, sur la Vire, la Sienne, la Sée et la Sélune amont. On le constate sur l’hydrogramme ci-dessous de la Sée amont à Chérencé-le-Roussel : les débits oscillent désormais autour de la courbe médiane alors qu’ils étaient systématiquement en-dessous de mars à début octobre.

Autour du centre de ce secteur plus arrosé ces derniers mois, les hausses sont visibles mais plus faibles : au Nord sur la Saire dans le Cotentin, à l’est sur l’Orne amont (Udon ou Cance) et sur l’Orne aval à Grimbosq, ou encore au sud sur la Mayenne amont ou son affluent la Varenne, malgré des passages temporaires au-dessus de la médiane, les débits restent souvent en dessous. Ce qui témoigne sur ces secteurs périphériques, comme sur le bassin parisien plus à l’est, d’un début d’hiver hydrologique plutôt sec.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Graphique d’évolution des débits (hydrogramme) sur 3 ans. La courbe en bleu représente les débits moyens mesurés sur 3 jours consécutifs. Les pastilles colorées permettent de visualiser les valeurs les plus basses de chaque mois (Q3Jn) : elles sont positionnées à la date à laquelle ces valeurs sont observées et colorées selon leur rareté (période de retour) pour le mois considéré, aidant à l’analyse de la situation en moyennes et basses eaux, notamment pour le suivi de la ressource en eau. La courbe médiane (en vert) correspond au débit qui a une chance sur deux d’être observé ce même jour. Enfin, les deux droites en haut du graphique correspondent aux débits de crues de période de retour 5 ans et 10 ans (moyennés sur 3 jours, en cohérence avec la courbe des débits observés), aidant à l’évaluation de l’intensité des crues.

Glossaire

Année hydrologique : période continue de douze mois choisie de façon à minimiser les reports hydrologiques d’une année sur l’autre. Elle débute à une date de l’année où les réserves sont au plus bas et est donc choisie en fonction des conditions climatiques de chaque région. En Normandie, celle-ci débute par convention au 1er septembre.

Évapotranspiration : quantité d’eau évaporée (à la surface du sol et des étendues d’eau) et transpirée par les plantes. Elle peut être potentielle (quantité d’eau potentiellement mis en jeu) ou réelle (quantité d’eau effectivement évapotranspirée).

Pluies efficaces : les pluies (ou précipitations) efficaces sont égales à la différence entre les précipitations totales et l’évapotranspiration réelle. Ces précipitations sont soit stockées, soit infiltrées (recharge des nappes) soit ruisselées.

Niveau piézométrique (ou par raccourci piézométrie): altitude ou profondeur (par rapport au sol) de la surface de la nappe souterraine.

Recharge des nappes: période/phénomène d’augmentation des niveaux des eaux souterraines. On parle régulièrement de recharge hivernale.

Vidange des nappes: période/phénomène de baisse des niveaux des eaux souterraines. On parle régulièrement de vidange estivale.

Débit de base / VCN3 / Q3Jn : il s’agit du débit du cours d’eau en l’absence de ruissellement consécutif à de récentes précipitations. La grandeur choisie pour le quantifier est le VCN3, débit moyen minimal calculé sur trois jours consécutifs pour une période donnée (mensuelle pour ce bulletin)

Hydraulicité : rapport du débit moyen sur une période donnée (mensuelle ou annuelle) à sa moyenne interannuelle sur cette même période. Elle permet de positionner simplement le débit d’une année ou d’un mois donné par rapport à l’année normale ou au mois normal.

Médiane : pour un échantillon de valeurs ordonnées, la médiane correspond à la valeur qui se trouve au point milieu de cette liste, permettant de couper l’ensemble des valeurs en deux parties égales (50%) en nombre de valeurs. Elle diffère de la moyenne de ces valeurs.

Fréquence ou Période de retour : la fréquence (au dépassement) d’un événement est la probabilité que cet événement soit atteint ou dépassé chaque année. La période de retour (ou récurrence) est l’inverse de la fréquence. Exemple : une crue décennale a, chaque année, une chance sur dix d’être atteinte ou dépassée

Débit mensuel quinquennal humide (resp. sec) : pour un mois considéré, c’est le débit mensuel qui a une probabilité de 1/5 (resp. 4/5) d’être dépassé chaque année. Il permet de caractériser un mois calendaire de forte hydraulicité.

Débit de base quinquennal humide (resp. sec) : c’est le débit de base (Q3Jn) qui a une probabilité de 1/5 (resp. 4/5) d’être dépassé chaque année.

Tarissement d’une rivière: phénomène de décroissance régulière du débit en l’absence de précipitations et d’intervention humaine

Étiage : période de l’année hydrologique où le débit d’un cours d’eau est bas. Il s’établit par le tarissement progressif du cours d’eau peu ou pas entrecoupé de précipitations.